Yongnuo, quand les Chinois font les niches

En règle géné­rale, les produits fabri­qués en Chine ne le sont qu’à des milliers ou millions d’exemplaires. Vendus à leurs clients à bas coût pour que ces derniers réalisent un maxi­mum de marge, c’est sur la quan­ti­té et des condi­tions de travail souvent discu­tables que ces entre­prises parviennent à être « rentables ». Ce mode de fonc­tion­ne­ment explique que seuls les produits deman­dant une grande quan­ti­té sont produits en Chine. Moins struc­tu­ré finan­ciè­re­ment pour la grosse indus­trie, et très rare­ment en raison d’un savoir-faire inné supé­rieur, un pays comme le Viet­nam accueille des usines fabri­quant des produits d’une plus grande préci­sion.

Il en est ainsi de certaines parties des appa­reils photo comme les objec­tifs. Concer­nant les boitiers dans le cas des réflex, les gammes grand public sont souvent assem­blées en Thaï­lande (mais aussi en Chine) alors que celles d’une quali­té et d’une tech­no­lo­gie supé­rieures restent fabri­quées au Japon. Ce dernier pays est celui du lieu de nais­sance des grandes marques de ce secteur et mono­po­lise le marché de longue date. Les nouveaux venus sont rares pour ne pas dire inexis­tants en dehors de quelques acces­soi­ristes, dont une bonne partie du cata­logue est d’ailleurs construite en Chine. Dans la plupart des cas, il s’agit de produits de faible tech­no­lo­gie ou d’investissements directs étran­gers.

Depuis une dizaine d’années, une entre­prise chinoise basée à Shenz­hen trouble cet ordre établi. Même s’il ne s’agit pas de très haute tech­no­lo­gie, Yongnuo s’est malgré tout forgé une excel­lente répu­ta­tion inter­na­tio­nale dans le secteur du flash pour appa­reil photo après avoir fait ses preuves dans celui de l’éclairage de studio. Avec un nouveau modèle tous les six mois, Yongnuo est deve­nu un acteur majeur du flash dépor­té, mais aussi de sa commande. Un petit boitier comme le RF-603 ou RF-605 permet de comman­der le déclen­che­ment d’un ou plusieurs flashes et appa­reils photo jusqu’à une distance de 100 mètres grâce à un signal émis à 2,4 GHz. Dédiés aux grandes marques telles Nikon ou Canon, ou manuels et dès lors compa­tible avec tous les boitiers, les flashes et trig­gers de Yongnuo permettent à des milliers de profes­sion­nels et d’amateurs de s’équiper pour pas cher. Une tren­taine d’euros pour un flash de base, la moitié pour deux trig­gers (commande à distance) sont les prix publics dont les utili­sa­teurs ne cessent de louer les quali­tés tant en ce qui concerne le fonc­tion­ne­ment que la fabri­ca­tion. Ce sont d’ailleurs ces avis posi­tifs lus sur des forums tant fran­co­phones qu’anglophones qui m’ont inci­té à ache­ter un flash et deux trig­gers Yongnuo, le conte­nu de cet article n’étant en rien spon­so­ri­sé (hélas).

Alors pour­quoi cet article ? Simple­ment pour souli­gner qu’en supplé­ment de la « grosse cava­le­rie », certaines entre­prises chinoises peuvent chan­ger leur fusil d’épaule en ne cher­chant plus systé­ma­ti­que­ment la quan­ti­té et en explo­rant ce qui est nommé les marchés de niches. D’autre part parce que la photo est une de mes passions et que cet article n’est que le premier d’une longue suite à venir. Yongnuo n’a bien évidem­ment inven­té le flash ou même le trig­ger, mais fabrique des produits inno­vants et d’une excel­lente quali­té. Certains n’ont pas manqué de trou­ver aux flashes Yongnuo une ressem­blance avec certains produits concur­rents. Des simi­li­tudes existent égale­ment dans de nombreux autres domaines, dont l’automobile, ce qui ne signi­fie pas pour autant qu’un construc­teur a copié sur l’autre.