Voulez-vous coucher avec moi ? NON !

unePour de nombreux Chinois, la France est syno­nyme de parfums, de cosmé­tiques et de vins de quali­té. Pour ce qui est de l’image du Fran­çais, il est souvent asso­cié au roman­tisme et à la séduc­tion, mais égale­ment à d’autres aspects moins agréables à lire que je tairai pour cette fois, la suite étant large­ment suffi­sante.

En se basant sur cette image de Don Juan et en y ajou­tant une pincée de néo-colonialisme héri­té, certains arrivent donc en Chine avec dans l’idée que les Chinoises vont leur tomber dans les bras. Oubliant plus ou moins volon­tai­re­ment qu’une répu­ta­tion est souvent le résul­tat d’une moyenne, les jeunes exci­tés se placent dans bien des cas dans le haut du tableau, leur succès auprès de la gente fémi­nine étant aussi sûre que 2 + 2 font 4. Partis quelques semaines et parfois plus dans des lieux répu­tés pour être « facile d’accès », les plus ou moins jeunes « croi­sés de l’amour » hantent boîtes de nuit et KTV à la recherche de celle qui soula­ge­ra leur trop plein d’énergie accu­mu­lée dans leur pays d’origine.

Si quelques-uns parviennent à leurs fins en multi­pliant toute­fois souvent le nombre de leurs conquêtes pour avoir l’air moins bête lors des récits histo­riques entre amis, la majo­ri­té rentre au mieux les bourses certes vides, mais le porte­feuille aussi. Pour d’autres, il faudra dès le retour allu­mer le lecteur de DVD pour passer la galette ache­tée à Shan­ghai, la télé­com­mande tenue dans une main, l’autre étant occu­pée à conso­ler un gros chagrin. Je ne mentionne même pas ceux qui, ne voulant pas rentrer bredouille, doivent consul­ter leur méde­cin géné­ra­liste en rentrant, non pas en raison d’un rhume causé par la clima­ti­sa­tion, mais par une érup­tion de boutons n’ayant aucun rapport avec de l’acné.

S’il y a sans doute en effet en Chine comme ailleurs des filles faciles (jamais cher­ché donc jamais trou­vé) se lais­sant séduire par plai­sir ou par inté­rêt pure­ment maté­riel, plusieurs éléments viennent contre­dire une répu­ta­tion déjà souvent exagé­rée, les Chinoises appli­quant le vieux slogan publi­ci­taire pour les ravio­lis : « Je n’y vais pas, car j’ai les mêmes à la maison. » Si la vision d’un étran­ger a peut être fait vibrer les demoi­selles à une époque diffi­cile, c’était avant tout pour quit­ter un pays n’offrant guère d’avenir confor­table. De la même manière qu’il y a eu des boat-people poli­tiques, ceux de cette période avaient pour coque l’Occidental qui rame­nait ensuite son trophée pour l’accrocher dans l’entrée du salon après l’avoir revê­tu de la robe fendue tradi­tion­nelle.

Les temps n’ont guère chan­gé, mis à part que les riches jeunes expa­triés se font rares puisqu’une partie d’entre eux (les expa­triés, pas les riches) viennent eux-mêmes cher­cher leur fortune dans ce pays, ce qui demande un mini­mum de temps. Un deuxième élément venant gêner nota­ble­ment les conquêtes est la barrière de la langue, à moins d’accepter sans bron­cher de faire tapis­se­rie dans une boîte à la mode en ayant fait avant un détour par le distri­bu­teur de billets du coin. Dans ce cas, la promise se fait un plai­sir d’inviter ses copines, mais égale­ment ses copains histoire offi­ciel­le­ment de créer l’ambiance et surtout de profi­ter au maxi­mum du pigeon même peint en bleu, blanc, rouge.

Une autre désillu­sion vient égale­ment du fait que bien des étran­gers se basent sur une répu­ta­tion arti­fi­ciel­le­ment créée d’une gente cette fois mascu­line n’étant pas parti­cu­liè­re­ment portée sur le sexe. Or, pour arri­ver à plus d’un milliard trois cents millions d’habitants, et ce malgré la poli­tique de l’enfant unique, il faut bien à un moment qu’un homme et une femme se rencontrent. Il se doit d’ajouter à cela une libé­ra­tion certaine des mœurs qui fait que le mariage survient dans bien des cas des années après les premiers rapports sexuels. A moins donc d’être parti­cu­liè­re­ment doué et irré­sis­tible, une Chinoise préfé­re­ra fréquen­ter un compa­triote plutôt qu’un touriste par défi­ni­tion de passage, ce qui n’est jamais très bien venu pour la répu­ta­tion de la demoi­selle.

De la même manière que Michel Blanc prévoyait « une ouver­ture » dans le film les bron­zés font du ski, les espoirs s’arrêtent souvent à la porte, le droit de cuis­sage colo­nial n’étant pas inscrit dans la consti­tu­tion chinoise. Main­te­nant si vous tenez abso­lu­ment à tenter le coup, ne vous gênez pas et racontez-moi votre vrai parcours au retour. Pour les malchan­ceux, il leur reste­ra à attendre le prochain carna­val où ils pour­ront se dégui­ser en pompe à essence, vous lais­sant devi­ner ce qui fera office de tuyau à poser sur une oreille.

Article précédentFaus­se­ment contrac­tuelle
Article suivantLa Chine a-t-elle réus­si son pari ?
Vit non pas dans une mégapole pleine d'expatriés, mais dans un village plein de Chinois. Pour le reste faut-il être diplômé pour comprendre le monde, chacun sa réponse en fonction de ses propres diplômes. La reproduction totale ou partielle des articles de ce site n'est en aucun cas permise sans autorisation.