Voice of China, une émis­sion jugée trop tapageuse

L’an dernier à pareille époque c’est le concours de chants Super­girls qui prenait fin « sans espoir de retour ». En raison des nombreux débor­de­ments de larmes et autres compor­te­ments jugés dépla­cés, les auto­ri­tés chinoises deman­daient à ce que soit revue la copie. Cette année, c’est prati­que­ment chaque région qui a orga­ni­sé son concours avec des résul­tats pour le moins contras­tés. Parmi ces « machines à promou­voir » les talents de demain, Voice of China a été une des émis­sions les plus en vue dans ce style. Après les diverses élimi­na­toires qui ont duré plusieurs mois, la finale s’est dérou­lée à Shan­ghai la semaine dernière.

Avec des parti­ci­pants d’un niveau correct asso­ciés à des « profes­seurs » donnant une bonne dyna­mique, Voice of China avait donc tout pour finir en beau­té. Dans les faits cette finale a pris des allures d’enterrement après que de nombreux spec­ta­teurs se soient plaints de la longueur de l’émission prévue initia­le­ment pour deux heures trente, mais qui s’est termi­née 120 minutes plus tard. La raison de cet allon­ge­ment n’est pas due à un problème tech­nique, mais au fait que le produc­teur a tenu à tirer le « maxi­mum de jus » de cette sauce. Factu­ré jusqu’à 1,16 million de yuans le spot de 15 secondes, Voice of China a ainsi engran­gé plus de 100 millions de yuans de recettes publicitaires.

Lors de la finale, ce ne sont pas moins de 14 coupures publi­ci­taires qui ont fini par agacer des spec­ta­teurs dont certains ont payé leurs billets jusqu’à plus de 1500 yuans. Une autre source de mécon­ten­te­ment est venue des rive­rains du stade où se dérou­lait l’émission, certains d’entre eux allant jusqu’à appe­ler la police. Celle-ci a fini par inter­ve­nir pour mettre fin à ce qui ressem­blait à un show sans fin. Le produc­teur devrait être prochai­ne­ment pour­sui­vi pour tapage nocturne, ce malgré de tardives excuses. Ce qui est certain, c’est que la Voice of China s’est éteinte pour rejoindre une Super­girls guère plus chan­ceuse. Il va rester aux produc­teurs de la saison prochaine, si les auto­ri­sa­tions sont déli­vrées, à trou­ver un juste milieu entre renta­bi­li­té et respect du public ce qui n’est jamais une tâche aisée, en Chine comme ailleurs.