Vais­selle chinoise taxée : une bonne nouvelle pour les escla­va­gistes

chineLa commis­sion Euro­péenne est formée comme en Chine non pas de repré­sen­tants élus, mais nommés .par les gouver­ne­ments des États membres. C’est en jouant sur cette indé­pen­dance nommée ailleurs dicta­ture que le Polit­bu­ro de la CE vient de déci­der d’appliquer une taxe addi­tion­nelle sur la vais­selle et les usten­siles de cuisine en porce­laine et en céra­mique prove­nant de Chine. Les impor­ta­tions de ces produits se voient par consé­quent appli­quées une majo­ra­tion allant de 17,6 % à 58,8 %.

Si les 25 000 emplois directs euro­péens de cette filière justi­fient plei­ne­ment cette mesure de protec­tion, encore faut-il qu’elle soit effi­cace. Il ne s’agit pas en effet de permettre à quelques indus­triels proches du sommet de la CE d’assurer leurs béné­fices, mais de sauve­gar­der des emplois. Il sera donc inté­res­sant de voir dans quelques mois l’impact de cette mesure qui en prin­cipe devrait faire rentrer un peu d’argent dans les caisses de l’État. Si les taxes appli­quées repré­sentent une rentrée supplé­men­taire, il faut égale­ment y ajou­ter ce que va payer le consom­ma­teur. Pour les impor­ta­teurs pour­sui­vant leurs achats porce­laine et céra­mique en Chine, cette hausse des coûts va en effet être repor­tée pour tout ou partie sur le client final, la partie TVA se trou­vant elle aussi augmen­tée. L’origine de ces produits ciblant en prio­ri­té une clien­tèle modeste, ce sont donc ceux qui ont déjà le plus faible pouvoir d’achat qui vont être péna­li­sés. À trop faire de banquets devant de la vais­selle luxueuse, il semble que les commis­saires euro­péens aient perdu de vue que l’immense majo­ri­té des popu­la­tions n’ont pas leur train de vie. Comme disait je ne sais plus qui : « Sale­té de pauvres ».

De leur côté certains impor­ta­teurs oppo­sés à cette mesure ont aver­ti qu’ils allaient rapi­de­ment se tour­ner vers des pays où les prix sont encore plus bas. Viet­nam et Bangla­desh sont ainsi nomi­nés, ce qui devrait faire plai­sir aux diri­geants d’entreprises de ces pays impo­sant des condi­tions de travail bien pire qu’en Chine. Les commandes étant appe­lées à affluer, les cadences de travail devront suivre, ce qui en réali­té n’a que peu d’importance d’un point de vue social. Si la Chine est en effet large­ment four­nie en envoyés spéciaux et pigistes, des pays tels que l’Inde, le Bangla­desh ou le Viet­nam souffrent d’un défi­cit certain en « profes­sion­nels de l’information », ce à moins qu’il ne s’y passe jamais rien. Une dicta­ture reli­gieuse et une autre commu­niste vont ainsi rempla­cer « l’ogre chinois », pour­sui­vant ainsi un système où ne s’enrichissent que ceux ayant quelques accoin­tances avec le pouvoir quel qu’il soit.

Ce qui vient renfor­cer cette idée est que cette déci­sion ayant été prise malgré une oppo­si­tion majo­ri­taire des États membres (14 contre et 13 pour) , son appli­ca­tion a de fortes chances de ne durer que jusqu’en mai 2013, date où inter­vien­dra le vote défi­ni­tif. Durant cette période, de nouveaux réseaux d’approvisionnement vont se mettre en place , ce qui permet­tra ensuite aux escla­va­gistes modernes de jouer sur plusieurs tableaux du fait d’une concur­rence accrue au prix de condi­tions de travail jugées inac­cep­tables en Europe, mais avant tout rentables ailleurs.