URSS, Tianan­men, Libye, Mali, Ukrai­ne, états unis contre qui ?

ukraineInitié par des grou­pes poli­ti­ques se présen­tant comme pro-européens, ce qui ne peut qu’imposer l’adhésion des opinions publi­ques des pays de la Commu­nau­té, le mouve­ment actuel en Ukrai­ne s’oppose au pouvoir en place plus enclin à déve­lop­per ses rela­tions poli­ti­ques et commer­cia­les avec la Russie. Est ensui­te venue se gref­fer la deman­de pres­san­te des dépu­tés de l’opposition souhai­tant une réduc­tion des pouvoirs du prési­dent.

De mouve­ment paci­fi­que à ses débuts, la situa­tion est aujourd’hui drama­ti­que avec des affron­te­ments ayant fait des dizai­nes de victi­mes. Parmi les bizar­re­ries de cette affai­re figu­re la suppo­sée présen­ce de grou­pus­cu­les « néona­zis », appel­la­tion mise à toutes les sauces allant des matches de foot­ball à tous les actes n’allant pas dans le sens de certains « forma­teurs ». Merce­nai­res d’extrême gauche ou d’extrême droi­te, c’est l’argent qui crée un point commun entre ces deux posi­tions en appa­ren­ce diamé­tra­le­ment oppo­sées.

Dans le docu­men­tai­re « Comment la CIA prépa­re les révo­lu­tions colo­rées » tour­né en 2005, Manon Loizeau dévoi­lait ceux qui finan­cent et fomen­tent les révo­lu­tions dans les pays de l’Est tradi­tion­nel­le­ment favo­ra­bles à la Russie. De là à penser que l’histoire est un perpé­tuel recom­men­ce­ment, il n’y a qu’un pas que les plus farou­ches oppo­sants à toute hypo­thè­se de complot ne manque­ront pas de contes­ter avec ce même manque d’argumentation qui les carac­té­ri­sent.

Et pour­tant ! Qu’il s’agisse de l’éclatement du bloc sovié­ti­que, des événe­ments de la place Tianan­men, assez poches dans leur dérou­le­ment de ceux qui se dérou­lent à Kiev, de la Libye ou du Mali, il appa­raît que rien ou pas grand-chose n’est arri­vé par hasard.

Après une amitié de plusieurs dizai­nes d’années, Kadha­fi est deve­nu l’ennemi numé­ro 1 pour avoir remis en ques­tion plusieurs contrats gaziers. Le projet d’union des pays arabes initié par le dicta­teur libyen venant entra­ver l’Euromed euro­péen (Union pour la Médi­ter­ra­née), il a été déci­dé de frei­ner ces ambi­tions contrai­res à celles des inté­rêts de l’Europe sous sa forme actuel­le et donc des USA. Un autre aspect est venu s’ajouter à ce besoin de « libé­rer » la Libye de son régi­me dicta­to­rial. Après la signa­tu­re de plusieurs contrats portant sur l’exploitation de gaz et de pétro­le avec des compa­gnies chinoi­ses, Euro­pe et USA ont mis leur force en commun pour renvoyer chez eux les 30 000 employés chinois travaillant dans ce pays. En Afri­que, la multi­pli­ca­tion des accords commer­ciaux entre la Chine et les pays de ce conti­nent pous­sent leurs anciens proprié­tai­res, dont la Fran­ce, à renfor­cer leur présen­ce tant poli­ti­que que mili­tai­re.

Pour l’Ukraine le sché­ma est assez ressem­blant, le gouver­ne­ment ayant signé plusieurs accords en vue de l’implantation d’entreprises chinoi­ses. Barrée sur la côte ouest, la Chine s’est lancée dans une campa­gne de séduc­tion des pays de l’Est, ce qui n’est pas sans inquié­ter les pays de la commu­nau­té euro­péen­ne. La Rouma­nie avec l’implantation d’usines, la Bulga­rie où la Chine inves­tit dans les ports ( lire ici ) et le projet d’une zone de libre-échange avec 16 pays de l’Europe centra­le et orien­ta­le sont autant de raisons pour l’Europe de renfor­cer les liens avec ses voisins de l’Est.

Un autre élément lais­sant entre­voir des raisons assez éloi­gnées de celles offi­ciel­le­ment présen­tées est la récen­te inter­ven­tion de Bernard Henri-Levy. Repre­nant son discours sur la Libye en chan­geant simple­ment le nom du pays, le va-t-en-guerre philo­so­phe des beaux quar­tiers se voit attri­bué une nouvel­le mission. Bien que sans exis­ten­ce poli­ti­que et sans mandat d’élu, l’AFP a jugé oppor­tun de lui ouvrir ses portes pour publier sa décla­ra­tion emprein­te de cet huma­nis­me sur comman­de qui carac­té­ri­se ce repré­sen­tant de commer­ce.

Faute d’avoir réus­si à désta­bi­li­ser la Chine de l’intérieur ou en mobi­li­sant les opinions publi­ques occi­den­ta­les avec un spécia­lis­te en souta­ne oran­ge, il y a fort à parier que les heurts se produi­sant en Ukrai­ne ne soient pas à mettre au seul actif d’une volon­té popu­lai­re. Une preu­ve ? La Fran­ce où malgré un rejet du gouver­ne­ment actuel de la part d’une majo­ri­té de la popu­la­tion, il ne se passe rien.