Urgent : Vends Porsche Pana­me­ra pour cause de départ en prison

PanameraCette annonce devrait très prochai­ne­ment deve­nir une réali­té pour un cadre local ayant eu le tort de trop vouloir « faire le beau ». L’histoire débute le jour de la fête des Morts alors que les rues sont encore plus bondées que d’habitude. Des motos dans tous les sens, des piétons encore plus nombreux que d’habitude, et tout cela dans l’indiscipline commune aux autres jours de l’année. Alors que je reve­nais de manger de chez mes beaux parents, passe à côté de moi une Porsche Pana­me­ra blanche assez neuve pour ne pas être encore imma­tri­cu­lée. Ma première réac­tion en voyant cette voiture des plus rares dans le village est qu’il faut soit une grande dose d’inconscience, soit un ardent désir d’être vu, pour circu­ler un tel jour dans des rues où le Code de la route est une valeur des plus vagues.

Quelques dizaines de mètres plus loin, la Porsche arrive à un croi­se­ment et sans action­ner son cligno­tant (mode d’emploi resté sans doute la boite à gant), tourne à gauche en coupant la route à une moto élec­trique qui pour une fois était à sa place. Si le deux roues est passa­ble­ment amoché et une des portières de la voiture bonne à servir de planche à laver, le conduc­teur de la moto est indemne malgré une chute lui ayant fait survo­ler ce qu’était la richesse.

Si la police ne s’est pas dépla­cée pour un acci­dent unique­ment maté­riel, plusieurs dizaines de personnes se sont agglu­ti­nées autour de la Porsche, dont certaines qui connais­saient le conduc­teur. Celui-ci est en effet un respon­sable local en charge de l’immobilier et parti­cu­liè­re­ment des ventes de terrains ensuite utili­sés pour y construire des loge­ments à prix modé­rés. Si la plupart des habi­tants du village n’ont aucune notion du prix d’un tel véhi­cule, d’autres se sont posé la ques­tion de savoir si le bolide lui appar­te­nait où s’il s’agissait d’un véhi­cule emprun­té à un ami, histoire de frimer un jour d’affluence.

Grâce à certaines indis­cré­tions et après que le cadre local ait géné­reu­se­ment indem­ni­sé le conduc­teur du deux roues, il s’est avéré que le proprié­taire du véhi­cule était bien le même que celui qui avait eu l’accident. Cet accro­chage et accroc est ensuite rapi­de­ment remon­té aux oreilles du gouver­ne­ment local qui a ordon­né une enquête. Celle-ci vient de donner ses premiers résul­tats avec l’arrestation de huit personnes dont le conduc­teur de la Porsche et quelques collègues de « travail », les autres étant les respon­sables de la socié­té construi­sant les loge­ments.

D’après les premiers éléments rendus plus ou moins publics, le prix des habi­ta­tions a été majo­ré de quelques centaines de yuans par m², ce qui multi­plié par quelques milliers d’appartements repré­sente une coquette somme. La voiture étant vendue en Chine 139 103.96 €, chaque acqué­reur d’un des appar­te­ments à bas prix se retrouve donc en quelque sorte proprié­taire d’un bout de la Pana­me­ra.

Plutôt que de deman­der à conduire la voiture à tour de rôle, c’est le rembour­se­ment des sommes versées en supplé­ment qui est aujourd’hui deman­dé par les personnes lésées. Si la faiblesse rela­tive de la majo­ra­tion est dans un premier temps passée inaper­çue, bien des proprié­taires préfèrent avoir cet argent dans leur poche plutôt que de le voir utili­sé à des fins bien moins honnêtes.

Si ce rembour­se­ment devrait inter­ve­nir d’une manière ou d’une autre dans les semaines ou mois à venir, il faudra toute­fois attendre que l’enquête ait déter­mi­né avec exac­ti­tude le montant global des commis­sions illé­ga­le­ment perçues et ensuite récu­pé­rer tout ou partie de cette somme. La vente de la Porsche fera sans doute partie des éléments permet­tant de satis­faire une partie des acqué­reurs lésés, son proprié­taire actuel n’en ayant guère l’utilité dans le lieu où il va se trou­ver pour plusieurs années.