Une prime de 1000 yuans par piran­ha : une idée à haut risque

Depuis quelques jours, les bords de la rivière traver­sant la ville de Liuz­hou dans le Guangxi sont enva­his de pêcheurs. Si autant d’habitants passent ainsi la jour­née et parfois la nuit à veiller leurs cannes à pêche, c’est dans l’espoir d’attraper un ou plusieurs des piran­has ayant élu domi­cile dans ce lieu inha­bi­tuel pour eux. Deux personnes ayant été récem­ment mordues par ces voraces pois­sons, la muni­ci­pa­li­té prend les choses très au sérieux en deman­dant aux citoyens de parti­ci­per à l’éradication de ces visi­teurs indé­si­rables.

Cette simple demande ayant de forts risques de ne susci­ter que très peu d’engouement, les respon­sables locaux ont ajou­té par consé­quent une carotte sous la forme d’une prime de 1000 yuans pour chaque piran­ha pêché. Deve­nant dès lors inté­res­sante, cette pêche provoque toute­fois quelques soucis comme l’obligation de cana­li­ser les pécheurs afin qu’ils ne se marchent pas trop sur les pieds, une chute pouvant donner à manger aux pois­sons affa­més au lieu de s’en débar­ras­ser.

Certains habi­tants ont égale­ment émis quelques réserves sur la mise en place de la prime, ceux-ci connais­sant visi­ble­ment très bien les menta­li­tés locales. Vu le montant de la prime, certains « petits malins » pour­raient en effet éprou­ver le désir de trou­ver des piran­has au travers d’un des nombreux réseaux d’importations paral­lèles pour ensuite les revendre à prix d’or au gouver­ne­ment local. Cette possi­bi­li­té est loin d’être une vue de l’esprit, les Chinois adorant jouer mais aussi tricher, surtout lorsque de l’argent est en jeu.

Les auto­ri­tés locales ont donc tenté de contre­car­rer cette éven­tua­li­té en aver­tis­sant que si des piran­has étaient captu­rés, ils seraient analy­sés pour s’assurer qu’ils proviennent réel­le­ment de la rivière. Là encore, des habi­tants ont fait remar­quer que rien n’empêchait une personne d’acheter plusieurs de ces pois­sons et de les faire vivre ensuite quelques jours dans une eau prove­nant de la rivière. Si les respon­sables ont admis qu’un tel trucage était possible, ils ont égale­ment mis en avant que sans cette prime personne n’irait tenter d’attraper ces pois­sons trou­blant l’ordre public.

Dans le cas d’une pêche couron­née de succès, ce seront donc tant les pois­sons que les pêcheurs qui seront soumis à divers contrôles. Il y a quelques années, un habi­tant d’une autre province avait reçu une prime de plusieurs milliers de yuans après avoir pris un tigre en photo. Après quelques mois et plusieurs véri­fi­ca­tions, il s’était avéré que cette histoire était montée de toutes pièces, les photos venant d’internet et les traces de pattes rele­vées sur le sol d’un morceau de bois sculp­té pour la circons­tance. Depuis la méfiance est de mise, ce qui se comprend fort bien lorsque l’on vit ici depuis quelque temps.