Un poli­cier plus bana­li­sé que sa voiture

VoitureAvec la mise en appli­ca­tion de la loi sur les facul­tés affai­blies les contrôles de police se multi­plient. S’il n’est pas sûr que cela dure au-delà d’un mois, la police de la route concentre pour l’instant ses efforts sur ce secteur précis, ce qui donne il est vrai pas mal de résul­tats. C’est lors d’un de ces contrôles qu’un conduc­teur est arrê­té pour souf­fler dans l’éthylomètre.

Si le résul­tat du test s’avère néga­tif, c’est la plaque d’immatriculation qui pousse le poli­cier à aller un peu plus loin dans ses inves­ti­ga­tions. Celle-ci est en effet à fond blanc et ornée d’une lettre rouge ce qui laisse suppo­ser qu’il s’agit d’une voiture appar­te­nant à la police. Rien de surpre­nant, mais tant l’état géné­ral du véhi­cule que celui de la plaque semblent gêner le fonc­tion­naire. Celui-ci demande donc natu­rel­le­ment ses papiers au conduc­teur qui en en appa­rence tran­quille s’exécute.

Permis de conduire et attes­ta­tion d’assurance sont appa­rem­ment en règle, ce qui n’explique toute­fois pas l’origine de la plaque. Le poli­cier demande logi­que­ment la raison de cette imma­tri­cu­la­tion, ce à quoi le chauf­feur répond qu’il est lui-même poli­cier, ce que lui demande de prou­ver son collègue à la casquette blanche. Sans se dépar­tir de son calme, le chauf­feur sort de sa poche un livret bleu marqué du sceau de l’état Chinois à l’intérieur duquel figure la photo du conduc­teur en tenue et son lieu affec­ta­tion qui se trouve être le Sichuan. Tout à l’air d’être appa­rem­ment en règle, mais un détail dérange quelque peu le poli­cier char­gé du contrôle. D’après la date inscrite sur le livret la personne était bien employée dans la police, mais en 1989 puisqu’aucun renou­vel­le­ment n’apparaît depuis alors que celui-ci est norma­le­ment annuel.

En tant que poli­cier de la route, le jeune fonc­tion­naire n’est pas habi­li­té à pour­suivre ses inves­ti­ga­tions, ces person­nels n’ayant aucun pouvoir d’enquêteurs et doivent se conten­ter de consta­ter des faits. Il appelle donc un collègue de la police terri­to­riale qui lui a tous les pouvoirs pour éluci­der cette affaire, et son arri­vée sur les lieux semble pertur­ber quelque peu le chauf­feur qui jusque-là était resté impas­sible.

En 5 minutes et quelques coups de télé­phone, le problème est éluci­dé et il s’avère que si le chauf­feur a bien été poli­cier, il ne l’est plus depuis plus de 20 ans. La plaque d’immatriculation n’a donc aucune raison d’être et en appro­fon­dis­sant les recherches, il sera mis à jour que l’attestation d’assurance est un faux. Le lende­main matin, et après avoir passé la nuit dans un lieu où il était autre­fois de l’autre côté, le chauf­feur est condam­né par le tribu­nal de police à 35 000 yuans d’amende et à un mois de prison ferme. En supplé­ment et durant cette période, une enquête va être menée pour s’assurer que l’ex-policier n’a pas utili­sé son ancienne profes­sion comme source d’avantages, ce qui ne serait guère surpre­nant.