Un petit tour en bateau sur la rivière Yujiang

refletsdechineAprès la campagne, nous pour­sui­vons la visite d’Hengxian par un petit tour sur la rivière. Celle-ci porte le nom de Yujiang et n’a rien à avoir avec l’usine à touristes de sa consœur de Guilin. Ici, le cours d’eau est avant tout un outil de travail aux fonc­tions multiples. Trans­port de marchan­dise et de personnes, extrac­tion de sable et de gravier, élevages de pois­sons sont parmi les acti­vi­tés les plus impor­tantes prove­nant de ce cours d’eau auquel il faut ajou­ter quelques kilos d’or extraits chaque année par une joint-venture sino-néo-zélandaise. Cette exploi­ta­tion vaut d’ailleurs à bien des enfants de se retrou­ver le dimanche matin sur les berges pour tenter de récu­pé­rer quelques paillettes qu’ils iront ensuite vendre à un bijou­tier local. Pas ques­tion de faire fortune toute­fois, les plus chan­ceux ayant tout juste de quoi se payer quelques frian­dises.

La construc­tion d’un pont n’étant prévue que d’ici à quelques années, les paysans rési­dents de l’autre côté de la rivière empruntent le bateau qui fait la navette entre les deux rives. C’est une de ces embar­ca­tions qu’il est possible de louer à l’heure ou à la jour­née pour remon­ter la rivière sur quelques kilo­mètres. Si le fond du bateau est en fer, la cabine du « capi­taine » est en bois ainsi que l’espace réser­vé aux passa­gers. Le seul élément rela­ti­ve­ment moderne est le moteur, bien que son aspect soit parfois inquié­tant tant il est entou­ré de pièces déta­chées hors d’usage, de flaques d’huile et de gasoil. Afin de respec­ter la légis­la­tion en vigueur, des gilets de sauve­tage sont mis à dispo­si­tion, mais leur nombre se limite à la simple appli­ca­tion de la loi, soit envi­ron la moitié du nombre de personnes réel­le­ment trans­por­tées.

refletsdechinePassé le premier moment d’appréhension dû à la largeur de la rivière et au peu de sécu­ri­té appa­rente, c’est le plai­sir qui prend le dessus en décou­vrant des paysages qui s’ils n’ont rien de gran­diose sont natu­rels. Si quelques usines polluantes sont présentes, celles-ci sont rapi­de­ment hors de vue et d’odeur. Ce sont majo­ri­tai­re­ment des cimen­te­ries et des sucre­ries, ces quelques indus­tries contri­buant pour une bonne part aux recettes du district, sans comp­ter les contri­bu­tions plus ou moins impo­sées. C’est ainsi que la plus impor­tante cimen­te­rie finance tant les feux d’artifice du Nouvel An qu’une partie du festi­val du jasmin.

Comme pour les campagnes, ce qui marque le plus est la vie qui est omni­pré­sente. Entre les bateaux trans­por­tant du sable, des caca­huètes ou du maïs et les pêcheurs qui lancent leurs filets de manière régu­lière, l’impression reti­rée est celle d’un cycle de vie que rien ne peut arrê­ter.

refletsdechineAprès quelques kilo­mètres, il est temps de s’arrêter pour manger, action vitale pour les Chinois qui n’imaginent jamais sauter un repas, d’autant plus que pour encore beau­coup d’entre eux le souve­nir des périodes diffi­ciles hante encore les mémoires. Le restau­rant se trouve être la seule construc­tion sur une île où le dimanche les habi­tants d’Hengzhou vont pour faire des balades sur les collines entou­rant ce lieu de rêve.

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