Un monde, deux mauvais systèmes

ReflexionLorsque l’on ne dispose que d’un seul neurone, il est bien diffi­cile de réflé­chir. Tel est le cas de ces personnes unis­sant quelques articles criti­quant certains aspects de la démo­cra­tie et le fait d’extraire de la Chine autre chose que le jus néga­tif filtré par les médias. De là à faire de moi un anti-démocrate de circons­tance, il n’y a qu’un pas que certains ont allè­gre­ment fran­chi avec un étique­tage sorti tout droit de leur imagi­na­tion pour­tant peu déve­lop­pée.

Il est vrai en contre­par­tie que je ne me suis jamais trop expri­mé sur ce sujet, préfé­rant lais­ser les MicXXX GueXXX (les X remplacent les neurones inexis­tants de cet expert en intel­li­gence écono­mique dési­rant, et on le comprend, rester anonyme)et autres adora­teurs du régime de Vichy cracher leur venin à mon sujet. Je tiens d’ailleurs à profi­ter de l’occasion avant qu’il ne rentre dans son COCKPIT pour remer­cier « chine­con­que­rante et autres monsieur­le­pre­sident (pas de quoi en faire un fromage) » pour leur promo­tion, qui si elle n’a mis en lumière que peu d’intelligence écono­mique ou autre de leur part, a prou­vé l’utilité de poubelles de ce genre, les poignées étant repré­sen­tées par la courte liste des coureurs de back­links dont le nom figure en bas du récep­tacle.

Après cette paren­thèse dont il est urgent de refer­mer le couvercle en raison des odeurs nauséa­bondes qui s’en dégagent, passons à la raison de cet article. Si le premier point peut sembler super­flu, il demande pour­tant à être préci­sé. Celui-ci concerne le régime poli­tique actuel en Chine dont il est inutile de dire qu’il est loin d’être parfait. De là à vouloir à tout prix vouloir que ce pays adopte le même semblant de démo­cra­tie que celui de bien d’autres pays, il y a un pas que pour ma part je me refuse de fran­chir.

Si le prin­cipe de la sacro­sainte liber­té d’expression est en Chine encore embryon­naire, son excès a pour fâcheuse tendance de donner libre cours au n’importe quoi, comme évoqué plus haut en ce qui concerne les deux contai­ners à déchets. En dehors de quelques « gogols forma­tés », la plupart des diri­geants de nations pour­tant citées en exemple dans ce domaine ne cessent de légi­fé­rer de manière plus ou moins hypo­crite pour impo­ser des limites à cette liber­té. Comme dans bien d’autres cas, cette hypo­cri­sie passe mieux auprès des popu­la­tions qu’un « Non, vous n’avez pas le droit » plus fréquent en Chine. Cette suppo­sée liber­té d’expression a d’ailleurs étran­ge­ment suivi les mêmes dérives que la démo­cra­tie en ne deve­nant qu’un terri­toire proté­gé dont une infime mino­ri­té est proprié­taire. Il n’est en effet pas utile de trop grat­ter pour trou­ver derrière cette façade le pouvoir du moment ou à venir, et dans les deux cas le soutien finan­cier de groupes dont l’objectif ne fait guère de doute.

La ques­tion que tout être démo­cra­ti­que­ment consti­tué devrait se poser est de savoir si lors de sa nais­sance il doit être obli­ga­toi­re­ment clas­sé dans une idéo­lo­gie poli­tique quel­conque. En 2012 on en est en effet encore à cette notion plus que bicen­te­naire, preuve que les esprits n’on que peu évolué. Le forma­tage inter­ve­nant dès le plus jeune âge en raison de l’environnement fami­lial, les chan­ge­ments sont par la suite peu nombreux, un fils d’enseignants ayant tendance à être de gauche non pas par réflexion person­nelle, mais par la voie impo­sée par ses parents. Afin de ne pas faire de jaloux, il faut préci­ser qu’il en est de même pour les « reje­tons » de droite, rouler en voiture de luxe dès le plus jeune âge n’ayant que rare­ment pour effet de déve­lop­per les aspects huma­nistes.

De voca­tion et signe de sacri­fice à ses débuts, le mandat élec­to­ral censé repré­sen­ter la popu­la­tion est deve­nu un certi­fi­cat d’aptitude permet­tant de faire carrière dans la poli­tique. Le peuple n’étant visi­té qu’une fois tous les cinq ans ou au travers de quelques heures de perma­nence, c’est entre eux que nos dépu­tés décident de notre avenir, ce qui n’a rien de très démo­cra­tique. Même si cet exemple a toujours du mal à passer auprès des forma­tés par la Révo­lu­tion de 1789, en Chine les réunions de quar­tier ou réunis­sant des personnes ayant un inté­rêt commun sur un problème parti­cu­lier sont presque trop nombreuses, ce qui démontre que les possi­bi­li­tés entre les deux systèmes existent bel et bien.

Mais me direz-vous, en France la popu­la­tion peut déci­der de ces diri­geants, ce qui n’est pas le cas en Chine. Si cela est vrai avec un PCC omni­pré­sent à tous les niveaux de déci­sions, la situa­tion en France et ailleurs est loin d’être aussi glorieuse qu’il y paraît. En ce qui concerne les grands pays, seule l’Inde dispose d’un gouver­ne­ment de coali­tion, ce qui s’il n’est pas sans créer quelques soucis, a au moins le mérite d’être plus repré­sen­ta­tif que le système fran­çais ou améri­cain.

Ce que je reproche à ces deux systèmes ? D’avoir pure­ment et simple­ment tué la démo­cra­tie en volant le pouvoir au travers des appa­reils de parti. Il suffit en effet de regar­der la compo­si­tion des parle­ments ou l’actuelle élec­tion prési­den­tielle pour se rendre compte que si en Chine le pouvoir n’appartient qu’à un seul parti, il en est de même dans ces deux pays. Même si quelques gri-gri du premier tour peuvent lais­ser penser le contraire, il s’agit avant tout pour les deux partis en puis­sance d’installer des râteaux assez larges pouvant ensuite tirer vers eux, non pas les feuilles mortes, mais les bulle­tins de vote d’électeurs disper­sés. Dans la plupart des cas, c’est avec juste un peu plus de la moitié des voix qu’est diri­gé un pays, la part restante n’ayant aucune réelle utili­té si ce n’est de donner un semblant d’équilibre à la première et de prépa­rer l’élection suivante.

Pour avoir le droit d’être candi­dat à la simple élec­tion locale d’une ville de moyenne impor­tance, la personne doit passer par le dictat du parti auquel il aura obli­ga­toi­re­ment adhé­ré s’il veut espé­rer la moindre carrière. Sans ce sésame, peu de chances d’être admis dans cette caverne d’Ali Baba où l’on se partage tant le pouvoir que les richesses.

Le jour où les Fran­çais et d’autres auront compris la réali­té de cette situa­tion des plus ridi­cules et dange­reuse, il leur reste­ra à emprun­ter la voie prise par leurs ancêtres en espé­rant que cette fois ils pren­dront vrai­ment tant le pouvoir que leurs respon­sa­bi­li­tés en ne rempla­çant pas la noblesse par la haute bour­geoi­sie et le roi par un empe­reur. Puisque nous sommes en période de sondages, je vous donne le résul­tat de celui que j’ai effec­tué auprès d’un panel repré­sen­ta­tif d’une personne (moi en l’occurrence) sur les chances de voir chan­ger le système actuel : 0.000005 %.