Ukraine : les ronds de jambe des USA devant la Chine

nantesDepuis le début de la crise en Ukraine, le président améri­cain aime­rait bien pous­ser son homo­logue chinois à adop­ter une posi­tion plus tran­chée. Bien enten­du, il s’agirait pour la Chine de condam­ner l’intervention russe, aucune autre posi­tion n’étant envi­sa­geable pour Obama.

Un des argu­ments avan­cés pour tenter de convaincre Xi Jinping est le paral­lèle entre la région auto­nome de Crimée et certaines régions chinoises comme le Tibet et le Xinjiang. « Un peu gonflé » lorsque l’on sait que le chef de file des sépa­ra­tistes tibé­tains a été très récem­ment reçu par Obama et que celui des indé­pen­dan­tistes Ouighours réside de longue date aux USA en y étant soute­nue elle aussi finan­ciè­re­ment.

« Je te fous la paix sur ces deux régions et tu condamnes Poutine » serait le deal souhai­té par Obama. Le président chinois a-t-il quelques chances de céder à cette danse du ventre ? Très peu du fait d’une poli­tique globale de non-ingérence dans les affaires exté­rieures et d’un soutien plus sûr de la part de la Russie que peut l’être celui des USA et de ses pays alignés. En supplé­ment, la Chine n’a aucun inté­rêt à inter­ve­nir direc­te­ment dans cette affaire et doit même souhai­ter que l’indépendance de la Crimée devienne effec­tive. Les agita­tions qui s’en suivraient ne manque­raient pas d’apporter de l’eau au moulin chinois en souli­gnant les dangers repré­sen­tés par toute parti­tion.

La situa­tion risque de deve­nir égale­ment embar­ras­sante pour les Euro­péens, grands défen­seurs hypo­crites d’un Tibet reve­nant sous domi­na­tion reli­gieuse. Parmi ces fervents déma­gogues, on trouve le Premier ministre fran­çais actuel qui pour respec­ter son enga­ge­ment n’aurait d’autre choix que de plan­ter le drapeau de Crimée sur le balcon de Mati­gnon. Non pas dans ce cas-là ? Ah bon !