Les trois étapes du vélo parta­gé en Chine

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D’après une étude réali­sée par Tencent au prin­temps 2017, le nombre de bicy­clettes dispo­nibles en partage se situe entre 10 et 15 millions. D’ici deux ans et en fonc­tion de l’évolution actuelle, ce chiffre pour­rait avoi­si­ner les 30 millions. Ce déve­lop­pe­ment n’est pas sans poser de problèmes, et pas toujours ceux que l’on pense.

1 ère étape : les équipes prennent leurs marques

Après son entrée dans le paysage urbain de Pékin en 2014, la socié­té Ofo a déve­lop­pé son acti­vi­té de loca­tion de vélo dans de nombreuses autres villes du pays. Trois ans plus tard, ce sont une quin­zaine de concur­rents qui sont appa­rus dans les rues des villes.

Dans un premier temps, le vélo parta­gé s’est présen­té comme une manière de désen­gor­ger le trafic auto­mo­bile en limi­tant de plus le niveau de pollu­tion. Un autre aspect posi­tif était d’offrir aux habi­tants une manière simple et écono­mique de se dépla­cer. Aujourd’hui, la loca­tion de vélos urbains est au centre d’une véri­table guerre commer­ciale entre loueurs, mais aussi de ces mêmes exploi­tants face aux auto­ri­tés locales.

2 ème étape : des primes en hausse et des cas de dopage détectés

Même si les villes chinoises sont parti­cu­liè­re­ment éten­dues, les zones commer­cia­le­ment rentables pour un loueur de vélo restent limi­tées. La consé­quence de ces espaces rela­ti­ve­ment réduits est une concen­tra­tion des hubs de stockage des vélos, ce d’autant plus avec la hausse du nombre de loueurs.

Dans un premier temps, cette concur­rence s’est révé­lée finan­ciè­re­ment inté­res­sante pour les gouver­ne­ments locaux. Le prix des conces­sions étant sensi­ble­ment revu à la hausse, le partage de vélos a ainsi consti­tué une source supplé­men­taire de recettes pour les villes. Cédant à la tenta­tion, de nombreux gouver­ne­ments locaux ont multi­plié les empla­ce­ments, ce qui a fini par encom­brer les trot­toirs et donc le dépla­ce­ment des piétons.

Un aspect à ne pas négli­ger est la corrup­tion qui n’a pas manqué d’apporter sa colo­ra­tion natio­nale. Pour les loueurs, corrompre sous diverses formes les respon­sables de l’attribution des conces­sions permet dans certains cas d’accéder au marché d’une ville et dans d’autres de confor­ter sa supré­ma­tie. Les exploi­tants ne sont pas les seuls fautifs, certains respon­sables locaux n’hésitant pas à prendre les devants. S’ajoutent des soup­çons de blan­chi­ment d’argent prove­nant de l’économie grise.

3 ème étape : un nouveau règle­ment entre en vigueur

Batailles plus ou moins rangées entre employés de diffé­rentes socié­tés de loca­tion, acci­dents impli­quant des enfants ayant loué des vélos sont venus s’ajouter aux dérives décrites précé­dem­ment. Face à cette situa­tion de plus en plus tendue, les auto­ri­tés locales ont déci­dé de règle­men­ter ce secteur d’activité sous la pres­sion du gouver­ne­ment central. Lors d’une confé­rence de presse, un porte-parole n’a pas hési­té à parler de « chaos cycliste », ce qui ne fait que souli­gner la prise de conscience des problèmes posés.

Dès le lende­main, plusieurs villes ont emboi­té le pas en revoyant leurs poli­tiques de gestion des vélos parta­gés. Wuhan, Hangz­hou et Tian­jin ont été les villes pion­nières en matière de règle­men­ta­tion corrigée.

Si ces nouvelles mesures visent prio­ri­tai­re­ment l’exploitation des vélos parta­gés, les normes de construc­tion sont égale­ment revues avec par exemple l’obligation de four­nir des machines équi­pées de freins réel­le­ment effi­caces. Une autre dispo­si­tion cette fois au niveau natio­nal est la mise en place d’une limi­ta­tion des inves­tis­se­ments et d’un nombre limi­té de vélos par ville.