Trai­te­ment du Sida : Une ONG à l’action

enIl est souvent fait reproche aux auto­ri­tés chinoises d’avoir mini­mi­sé l’épidémie de sida au nom de l’idéologie poli­tique. Cela est peut-être en partie vrai, mais sans doute faut-il égale­ment comp­ter avec les préju­gés de la popu­la­tion, surtout lorsque l’on a connu l’étendue de ceux-ci dans des pays haute­ment civi­li­sés comme la France. Pour les médias occi­den­taux qui ont toujours du mal à accep­ter que les choses puissent chan­ger, surtout lorsqu’elles ne vont pas dans le sens que leur dicte la ligne édito­riale de leur jour­nal, la Chine reste ce pays qui a nié l’existence de cette mala­die. Il n’en demeure pas moins que malgré les 800 000 porteurs du virus (ONUSIDA), la Chine se situe loin derrière son voisin indien avec plus de 2,4 millions de personnes infec­tées.

Parmi les actions effi­caces, celles d’ONG telle Méde­cins sans Fron­tières qui avait instal­lé voilà 7 ans une antenne spécia­li­sée dans le trai­te­ment de cette mala­die à Nanning. En fin d’année dernière, l’ONG a trans­fé­ré ses acti­vi­tés dans ce domaine aux auto­ri­tés locales après avoir formé des person­nels et contri­bué à l’ouverture d’au moins un centre par district régio­nal. Ce sont en effet 45 centres de conseil et de dépis­tage volon­taires (CCDV) qui émaillent la région et en supplé­ment des trai­te­ments tradi­tion­nels apportent les éléments permet­tant de soute­nir les malades.

Le programme n’a pas seule­ment four­ni des soins aux patients, il a égale­ment servi de base pour la forma­tion du person­nel soignant. Il n’a pas béné­fi­cié unique­ment à la province du Guangxi, mais a four­ni un modèle à tout le pays

enLe docteur Shao Biao Huang, direc­teur de l’hôpital de Nanning explique qu’avant la venue de MSF, l’aspect soutien était souvent négli­gé. Grâce à la forma­tion reçue, nous avons assi­mi­lé l’importance qu’il y avait à parler aux malades et à leur faire comprendre des points tels que le fait de prendre les médi­ca­ments à des heures fixes.

Pour la Sher­ry Dubois, la coor­di­na­trice de l’opération, le plus diffi­cile pour les auto­ri­tés locales reste­ra la lutte contre la stig­ma­ti­sa­tion. Si ce phéno­mène est clas­sique dans l’entourage du malade, elle l’est aussi encore pour une partie du person­nel hospi­ta­lier effrayé à l’idée d’approcher ces patients. Un autre problème est lui d’ordre finan­cier, car si les médi­ca­ments sont gratuits, l’hospitalisation souvent néces­saire reste elle à la charge du malade, ce qui est encore souvent problé­ma­tique pour des personnes ne dispo­sant que de faibles reve­nus. Il faut ajou­ter à cela que les médi­ca­ments indis­pen­sables pour trai­ter des mala­dies causées indi­rec­te­ment par l’état du malade ne sont pas eux pris en charge, ce qui alour­dit d’autant plus un fardeau déjà bien lourd à porter.

Éradi­quer tota­le­ment le VIH en Chine est aussi illu­soire qu’ailleurs, et ce surtout avec les failles actuelles dans les systèmes d’informations à desti­na­tion des popu­la­tions à risque. Toute­fois, des actions telles que celles de Méde­cins Sans Fron­tières apportent la preuve que des actions effi­caces peuvent être menées, même si les résul­tats sont encore loin des espé­rances. De plus, ce genre d’initiatives permet de faire comprendre aux auto­ri­tés locales que des aides effi­caces peuvent être appor­tées dans ce domaine et dans bien d’autres. Encore faut-il de la part des inter­ve­nants que ces soutiens soient présen­tés d’une telle manière que les respon­sables locaux n’y voient pas une sorte d’ingérence à but bien plus poli­tique.

Gilles Isard, chef de mission MSF en Chine, décla­rait :

Depuis l’ouverture du programme en 2003, la quali­té des soins offerts aux patients atteints du VIH dans la province du Guangxi s’est consi­dé­ra­ble­ment amélio­rée. Ce programme témoigne qu’une colla­bo­ra­tion entre les auto­ri­tés sani­taires chinoises et une orga­ni­sa­tion médi­cale inter­na­tio­nale comme Méde­cins Sans Fron­tières (MSF) peut être favo­rable pour la popu­la­tion chinoise.

Il s’agit là d’une véri­té certaine qui démontre qu’une action effi­cace est bien mieux accep­tée que certaines gesti­cu­la­tions poli­tiques aussi contre-productives que préten­tieuses. Heureu­se­ment pour la Chine, mais aussi pour l’Occident, il existe des hommes et des femmes qui mettent en lumière ce que peut être le réel huma­nisme lorsque celui-ci n’est pas forte­ment tein­té d’idéologie parti­sane.

Source docu­men­taire : http://www.msf.fr

Le rapport du projet