Toyo­ta : les employés mis en congés plus tôt que prévu

Toyo­ta ainsi que Nissan et Mazda ont déci­dé de fermer certaines de leurs usines durant plusieurs jours afin d’évacuer une partie du stock de véhi­cules. Si la fête natio­nale et le festi­val de la mi-automne consti­tuent une période tradi­tion­nelle de congés, les quatre jours habi­tuels de ferme­ture sont cette année portés à huit dans deux usines Toyo­ta du Guang­dong, Nissan pour sa part fermant trois jours plus tôt que prévu.

La raison invo­quée est une subite baisse de ventes liée au conflit terri­to­rial oppo­sant la Chine et le Japon. Si le boycott volon­taire est pour une part dans cette chute des ventes, il faut égale­ment y ajou­ter la peur éprou­vée par certains ache­teurs poten­tiels. Lors des dernières mani­fes­ta­tions anti-japonaises, plusieurs voitures d’origine nippones ont en effet été détruites ce qui pousse certains clients à remettre leurs achats à plus tard.

On peut égale­ment voir dans ces déci­sions une manière de lutter contre la surpro­duc­tion chro­nique de la plupart des construc­teurs. A l’image de l’immobilier, le secteur de l’automobile a connu ces dernières années une forte hausse des ventes lais­sant croire à une évolu­tion durable. Une fois les servis les ache­teurs issus de la « nouvelle classe moyenne », c’est un mouve­ment de baisse qui s’est opéré, le stock d’invendus encom­brant dès lors tant les parkings des conces­sion­naires que ceux des construc­teurs.

Si les tensions entre les deux pays venaient à se pour­suivre, les îles Diaoyu pour­raient deve­nir un excellent prétexte à de chro­niques périodes de chômage tech­nique régu­lant ainsi la produc­tion. Abri­tés derrière ce paravent, les diri­geants des entre­prises seraient ainsi déga­gés de leurs respon­sa­bi­li­tés en n’ayant aucun mal à privi­lé­gier la piste « patrio­tique » pour expli­quer la baisse des ventes. De là à écrire que ce conflit tombe à pic, il y a un pas qu’il n’est pas trop diffi­cile de fran­chir lorsque l’on connait un tant soit peu la réali­té du marché auto­mo­bile chinois qui s’il a fait rêver un temps, est aujourd’hui une source de cauche­mar pour la plupart des construc­teurs et des respon­sables poli­tiques locaux ayant offert d’innombrables avan­tages à ce » secteur d’avenir ».