Tibet, J-1

policièreC’est donc demain 10 mars que l’on saura si les diffé­rents appels lancés par les indé­pen­dan­tistes exilés ont eu l’effet escomp­té par certains. Dans tous les cas, les réponses sont déjà prêtes :
1°) des inci­dents plus ou moins sérieux donne­ront raison aux agita­teurs.
2°) L’absence d’incidents donne­ra raison aux mêmes agita­teurs qui mettront en avant la nombreuse présence poli­cière et le bouclage des régions.
Il faut bien se dire en effet que des mois de travail achar­né à prépa­rer l’opinion ne peuvent se résu­mer à un échec, car ce la serait le signal de la fin. Depuis des semaines, les fausses infor­ma­tions sont mali­cieu­se­ment distil­lées afin de préchauf­fer ce plat Tibé­tain, qui il faut bien le dire commence à sentir le rance tant il perd de sa frai­cheur.
Présence poli­cière renfor­cée et contrôles plus stricts devaient donner du grain à moudre aux « intel­los » en soutane, quitte à multi­plier par 100 le moindre inci­dent digne d’une cour d’école ou d’une mani­fes­ta­tion dans nos DOM-TOM.
Le tout est d’entretenir ce senti­ment d’oppression constante, même si la véri­té est relé­guée au second voir au troi­sième rang. Seul ennui pour les agita­teurs profes­sion­nels, le moment n’est pas trop bien choi­si et la crise écono­mique risque de mettre en sour­dine le soutien appor­té aux indé­pen­dan­tistes par certains diri­geants qui en ce moment ont bien besoin du grand frère Chinois.
L’Occident qui s’est fait comme spécia­li­té d’avoir le cul entre deux chaises risque cette fois de choi­sir défi­ni­ti­ve­ment son camp, quitte à renier ses anciennes prises de posi­tion. Ce soutien, qui a toujours été ambi­gu, c’est en effet toujours bien gardé de recon­naître ouver­te­ment la moindre légi­ti­mi­té au gouver­ne­ment en exil, et veut lais­ser croire à une lutte cultu­relle de la part des spécia­listes de l’agitation en exil alors qu’ils savent très bien que l’indépendance est la fina­li­té de l’action entre­prise.
Les diri­geants chinois sont bien évidem­ment conscients de cette ambigüi­té et en jouent à juste raison depuis des années et à plus forte raison en temps de crise. Les diri­geants occi­den­taux ont, depuis des siècles, joué ce rôle qui consiste à prendre posi­tion une fois le problème réglé et cela afin d’être sûr d’être du côté du vain­queur.
La meilleure façon de se fâcher avec tout le monde est en effet de vouloir être d’accord avec les deux camps et nos diri­geants sont deve­nus maîtres en la matière que ce soit pour la Chine ou ailleurs.
Il n’y aura donc dans les jours à venir que des vain­queurs, à moins qu’il n’y ait que des perdants …

Article précédentEspèce de cocon
Article suivantLettre du nouvel an
Vit non pas dans une mégapole pleine d'expatriés, mais dans un village plein de Chinois. Pour le reste faut-il être diplômé pour comprendre le monde, chacun sa réponse en fonction de ses propres diplômes. La reproduction totale ou partielle des articles de ce site n'est en aucun cas permise sans autorisation.