Tibet : commerce poli­tique ou poli­tique commerciale

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En mars 2008, Jean-Marc Ayrault, alors maire de Nantes, hissait un « drapeau tibé­tain » sur le balcon de la mairie, un édifice public. En avril 2017, le même défen­seur affi­ché de la « cause tibé­taine », mais deve­nu ministre des Affaires étran­gères, effec­tuait une visite offi­cielle en Chine. Plus ques­tion cette fois de prendre la défense des bonnets jaunes, mais de tenter de vendre le savoir-faire fran­çais. Ce person­nage poli­tique n’a rien d’une excep­tion, Sarko­zy ayant par exemple lui aussi sombré dans l’océan de sagesse.

Sur la toile, la simple évoca­tion des contra­dic­tions entre le respect de la culture tibé­taine et la volon­té poli­tique des Occi­den­taux de frei­ner la crois­sance chinoise donnait lieu à de vifs échanges. Avant de deve­nir « On est tous Char­lie », quelques Fran­çais au mental oxydé affi­chaient un « On est tous tibé­tains » faisant suite au « Love and Peace » des années 60.

L’objectif poli­tique de désta­bi­li­sa­tion et celui écono­mique visant à contrô­ler la crois­sance chinoise ont-ils été atteints par le VRP média­ti­sé ex-salarié de la CIA ? La réponse est clai­re­ment « Non ». Les convul­sions télé­com­man­dées ont-elles eu le moindre effet sur les problèmes des Tibé­tains ? Pas davan­tage. Le repré­sen­tant de commerce a pris sa retraite et peut ainsi utili­ser à loisir le tapis roulant qui traverse sa rési­dence de Dharam­sa­la. Jean-Marc Ayrault a été recy­clé dans la fonda­tion de Fran­çois Hollande et Nico­las Sarko­zy chante dans les halls des hôtels Accords, avec ou sans écharpe blanche. Au Tibet, le seuil de pauvre­té dans les zones rurales, situa­tion pour partie héri­tée du règne des lamas tibé­tains, est passé de 34 % en 2010 à 13 % fin 2014.

Dans le même temps, 30 % des paysans indiens vivent toujours sous le seuil de pauvre­té. Bien qu’ayant à présent plus de temps libre, l’océan de sagesse ne semble pas pour autant s’intéresser aux problèmes humains du pays où il réside. Il est vrai que la marion­nette ne s’est jamais inves­tie dans ce domaine quel que soit le pays, seule sa carrière ciné­ma­to­gra­phique ayant guidé ses pas.

Bof, bof, beaufs !