Tian’Anmen, vingt ans après.

Dans quelques jours aura lieu le ving­tième triste anni­ver­saire des évène­ments de Tian’ Anmen. Comme pour l’anniversaire de l’exil dalaiste, certains préparent un feu d’artifice média­tique dont le seul but est de gêner le gouver­ne­ment chinois actuel, bien plus que de se souve­nir de cette triste histoire. La présence de menteurs dans les deux camps empêche encore aujourd’hui de connaître la véri­té sur cette révolte qui tour­na au drame et ni le gouver­ne­ment Chinois, ni des asso­cia­tions comme Amnes­ty qui avaient annon­cé à l’époque que des chars avaient roulés sur les tentes des mani­fes­tants pour ensuite dire qu’ils « s’étaient trom­pés », ne peuvent avoir aujourd’hui la moindre crédi­bi­li­té, pas plus que d’autres n’en ont dans le cas du Tibet.

Ces mensonges à répé­ti­tion font en fait l’affaire du système poli­tique chinois peu enclin à s’exprimer sur ces sujets, et qui trouvent tous les argu­ments contraires face à ces inexac­ti­tudes. On peut en arri­ver à se deman­der s’il ne s’agit pas d’une volon­té de la part de certains de traves­tir une véri­té, souvent suffi­sante en elle-même, afin qu’au final personne ne soit crédible.
Que cet anni­ver­saire soit le premier, le cinquième ou le ving­tième ne change rien et seuls quelques dissi­dents franco-ringards vont à coup sûr utili­ser cette date afin de se faire mous­ser. Ce serait pour­tant de leur part l’occasion de nous expli­quer un certain nombre de détails comme les critères de choix pour l’évacuation d’un certain nombre de dissi­dents de l’époque. Cette expli­ca­tion, pour franche et honnête qu’elle puisse être, aurait au moins le don de donner plus de crédi­bi­li­té à ces personnes quand elles parlent d’un pays qu’elles ont quit­té depuis vingt ans.
Pour en avoir discu­té avec certains Chinois, cette année 1989 est un moment doulou­reux qui n’est pas sans leur rappe­ler ceux de la guerre civile et, sans juger qui que ce soit, l’on sent une profonde douleur et un désir d’oublier cette période tout en espé­rant que cela ne se repro­duise plus jamais.

De nombreux Chinois pensaient à cette époque que ce genre d’épreuves était derrière eux et que la lumière appa­rais­sait enfin au bout de ce si long tunnel, il a suffi d’un ordre donné à l’armée pour que ce peuple revienne des années en arrière.
Ce sera pour ma part un jour de souve­nir en mémoire des personnes qui sont décé­dées et en aucun cas une occa­sion pour régler des comptes qui n’ont rien à avoir avec ces tristes évène­ments, mais aussi l’occasion de croire que cela fait partie de l’histoire doulou­reuse de ce pays et que sans oublier, il faut savoir tour­ner la page.