TGV’s chinois : quand la préci­pi­ta­tion devance la vitesse

refletsdechine.comUn acci­dent meur­trier, des retards qui s’accumulent auquel il faut ajou­ter un ministre des trans­ports prié de prendre quelques vacances, cela fait beau­coup pour un seul domaine. Si la Chine a besoin de trans­por­ter ses habi­tants de manière de plus en plus rapide, elle se doit de le faire égale­ment de remplir cette mission dans les meilleures condi­tions de sécu­ri­té.

Vitesse et préci­pi­ta­tion, c’est ce que semble avoir confon­du l’ensemble des acteurs du trans­port ferro­viaire chinois. Dans un rapport publié récem­ment par le minis­tère sont égre­nées les diverses anoma­lies allant de compo­sants élec­tro­niques défec­tueux à des essieux fissu­rés, même si cette dernière infor­ma­tion est contre­dite par un respon­sable de l’entreprise concer­née. Qu’il s’agisse de la CNR ou de la SRE, une joint venture avec le Cana­dien Bombar­dier, les deux grands construc­teurs locaux sont épin­glés sur des points critiques nuisant tant à la sécu­ri­té qu’à l’image de ce qui devait être un phare de la tech­no­lo­gie chinoise.

Ces problèmes peuvent aisé­ment être mis en paral­lèle avec les divers scan­dales alimen­taires, dont celui qui a dura­ble­ment ruiné la répu­ta­tion de la filière laitière. Faire n’importe quoi est accep­table s’il n’engage que soi, mais ne peut l’être lorsqu’il s’agit de la vie de milliers de personnes. Vouloir à tout prix rattra­per un retard de 30 ans en quelques années est possible dans certains domaines, mais pas dans tous. Certains demandent en effet un savoir-faire qui s’acquiert avec l’expérience, une des rares choses à ne pas encore s’acheter ou à pouvoir être tota­le­ment trans­fé­rée.

À ces éléments « incom­pres­sibles », il faut ajou­ter ce qui mine le pays dans tous les secteurs et qui est la corrup­tion. Cette manière de fonc­tion­ner mis au rang de culture ances­trale nuit grave­ment au fonc­tion­ne­ment du pays dans son ensemble, et se trouve natu­rel­le­ment mise en lumière dès que des tech­no­lo­gies de pointe sont mises en œuvre.

Faire d’abord le ménage dans bien des admi­nis­tra­tions et entre­prises se révèle par consé­quent être bien plus impor­tant que de faire rouler des trains plus vite que ses concur­rents, surtout dans des condi­tions de sécu­ri­té douteuse. L’annonce du lance­ment de la première ligne péki­noise du maglev (train basé sur la lévi­ta­tion magné­tique) en 2013 peut donc aisé­ment inquié­ter les futurs passa­gers. Ceux-ci peuvent honnê­te­ment se deman­der quels vont être les montants des dessous de table empo­chés par une mino­ri­té d’intervenants, et ce au détri­ment d’un budget qui sera dès lors rogné sur certains postes.

Même si la notion de vie et de mort est cultu­rel­le­ment diffé­rente entre la Chine et l’Occident, cela ne permet pas de faire n’importe quoi dans le seul but du paraître, ou pire d’empocher de juteuses enve­loppes souvent rouges du sang des futures victimes.