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De Mao à Hu Jintao : Gale­rie de portraits

Avec ses 60 ans, la Chine est une très jeune république dont un grand nombre d'étrangers ne connaissent que quelques points d'histoire que l'on pourrait résumer à la venue au pouvoir de Mao et son équipe, la révolution culturelle, le changement de politique des années 80, les évènements de Tian'Anmen et les jeux Olympiques de 2008.   En parallèle, les hommes politiques Chinois ne sont que peu connus, et pour beaucoup d'occidentaux se résume à quatre noms : Mao Tsé-Toung, Deng Xiaoping, Jiang Zemin et l'actuel président Hu Jintao, ce qui donne un chiffre assez proche des présidents ayant dirigé la France avec De Gaule, Pompidou, Giscard d'Estaing, Mitterrand, Chirac et Sarkozy. La vie politique chinoise a pourtant été bien moins uniforme que certains ne l'imaginent avec des changements fréquents à la tête du pays, et ce, au gré des querelles et luttes de pouvoir internes au parti. A la base, la constitution Chinoise a été construite autour de Mao, comme d'ailleurs notre V ème république l'a été autour de De Gaule, et avait pour but de réunir dans les mains d'un seul homme le maximum de pouvoirs. Mao ne pouvait en effet imaginer qu'il serait écarté du sommet de l'état quelques années après son accession en raison de l'échec du « Grand Bond en avant ». Revenu aux affaires sous la « Révolution culturelle », il s'empressera par conséquent de faire modifier le texte constitutionnel à son avantage. La fonction de président a ainsi eu par la suite des hauts et des bas dans le domaine de ses prérogatives, du moins jusqu'à l'accession à cette fonction par Jiang Zemin, le prédécesseur du chef de l'état actuel. Afin que vous connaissiez mieux ces dirigeants successifs, je vous propose une galerie de portraits regroupant les différentes personnalités qui ont été à la tête de ce pays à l'histoire mouvementée.   Mao Tsé-Toung (1893-1976). Il a occupé la place de président de 1954 à 1959 après avoir été président du gouvernement central populaire de 1949 à 1954. Il est inutile de s'appesantir sur ce personnage tant la littérature est abondante à son sujet.             Liu Shaoqi (1898-1969). Président de 1959 à 1968. Après la mise à l'écart de Mao, à qui il s'était opposé parfois violemment, Liu Shaoqi va tenter de réparer les erreurs économiques de son prédecessur, mais le retour de celui-ci au pouvoir et la période de la révolution culturelle lui vaudra d'être arrêté, destitué, emprisonné et torturé par les gardes rouges. Ce n'est qu'en 1980 que sa mémoire sera réhabilitée par Deng Xiaoping, également victime de cette période rouge dans tous les sens du terme.         Dong Biwu (1886-1975). Président de 1968 à 1972. Dong Biwu est un des membres fondateurs du PCC. Il a vécu une grande partie de sa carrière politique dans l'ombre de Mao, ce qui aura un effet bénéfique « pour sa santé » lors des purges initiées par les gardes rouges. Dong Biwu fut en effet un des rares modérés à éviter les sanctions infligées aux dissidents de l'époque.           Sòng Qìnglíng (1893-1981). Présidente honoraire de 1972 à 1981 en collaboration avec Dong Biwu. Elle est encore de nos jours une figure emblématique en Chine, et beaucoup de Chinois lui voue une profonde admiration. Elle était l'épouse de Sun Yat-Sen, le père de la Chine moderne et aura durant toute sa vie une action politique très prononcée. Elle s'est souvent opposée à Tchang Kai Check qui était pourtant marié avec sa sœur Meiling, et même cette union sera une raison de son discorde, sachant que le seul but du chef du Kuomintang était de se rapprocher du sommet du pouvoir. Lors de son mandat de présidente, elle a œuvré principalement dans le les domaines du social et de la protection des enfants. En fait, Sòng Qìnglíng a été deux fois présidente, puisqu'elle retrouvera ce poste à titre de remerciements durant la quinzaine de jours précédents sa mort en 1981.     A la mort de Dong Biwu, le poste de président de la République est supprimé, les responsabilités étant attribuées au comité permanent de l'assemblée populaire. C'est donc le président de cette instance qui occupera la plus haute place de la hiérarchie politique.     Zhu De (1886-1976). A été président de 1975 à 1976. Zhu De est une de trois figures de proue de l'équipe communiste arrivée au pouvoir en 1949. Chef des armées durant une très longue période, il échappe aux méfaits des gardes rouges grâce à la protection de Zhou Enlai.           Le poste de président de l'assemblée restera vacant de 1976 à 1978, et le pays sera géré par l'assemblée elle-même.   Ye Jianying (1897-1986 Président de l'assemblée populaire de 1978 à 1983. La principale action de Ye Jianying fut de déjouer le complot de la bande des quatre mené par l'ex-épouse de Mao. Il fut également un protecteur des réformateurs, sa position élevée dans l'armée lui permettant d'intervenir par exemple pour contrecarrer les multiples tentatives d'assassinat à l'encontre de Deng Xiaoping. Jugé « trop mou » par Mao, celui-ci lui laissera toutefois ses fonctions de militaire de haut rang en remerciement de son action durant la « Longue Marche », mais l'écartera de toute responsabilité politique, et ce, en grande partie sous la pression de Jiang Qing, l'épouse de Mao, ce qui explique que Ye Jianying ne lui fera pas de cadeaux à son tour lors de son arrestation.       En 1983, le poste de président de la République est rétabli. Li Xiannan(1909-1992). A été président de 1983 à 1988. Li Xiannan fut tout d'abord un actif adhérent du parti nationaliste avant de rejoindre les rangs communistes. S'il a grandement contribué à la réhabilitation de Deng Xiaoping et à sa montée en puissance, il se méfiera également de celui-ci et de ses visions réformatrices, trop avantageuses à son goût pour les étrangers. Membre de la ligne dure du parti, il restera jusqu'à sa mort un partisan de l'isolement de la Chine face au reste du monde. Yang Shangkun (1907-1998) A été président de 1988 à 1992. Autre participant de la « Longue Marche », il faut lui aussi écarté durant la révolution culturelle avant d'être réhabilité par Zou Enlai. Son nom est surtout lié aux évènements de Tian'anmen puisqu'il commanda à son fils, commandant la 27 ème armée dans le Hebei de monter sur la capitale pour réprimer le mouvement de 1989. Du fait de son influence au sein de l'armée, il fut écarté par Deng Xioping qui craignait de ne voir lui succéder son dauphin désigné : Jiang Zemin. Yang Shangkun mis au placard en compagnie de son frère, cela entraîna la démission de nombreux officiers de l'armée, ce qui arrangeait bien Deng Xiaoping.   Jiang Zemin (1926). A été président de 1989 à 1992. Il a poursuivi les réformes engagées par Deng Xiaoping et a largement contribué au visage actuel de la Chine. Bien qu'ayant pris sa retraite en 1992 en raison d'une nouvelle loi qu'il a lui-même fait voter pour empêcher le cumul des mandats, il a gardé jusqu'en 2004 la présidence de la commission militaire. Jiang Zemin est un membre des Shanghaiens, un des courants politiques influant au sein du PCC. Ce courant a montré toute son influence il y a quelques années Li Keqiang, pressenti comme futur vice-président, s'est vu évincé par Xi Jinping, un proche de l'équipe des Shangaiens. Le vice-président ayant vocation à devenir président, cela donne une idée des luttes de pouvoir interne au sein du PCC. C'est sans doute cette présence parfois dissidente qui fait que Jiang Zemin n'est pas un des préférés des écoles d'ingénieurs ayant produit un bon nombre des actuels membres dirigeants.     Hu Jintao (1942). Président de la République populaire de Chine depuis le départ anticipé de Jiang Zemin. Remarqué par Deng Xiaoping, il a été propulsé par celui-ci, lui faisant progressivement monter les marches du pouvoir pour en atteindre le sommet qu'il occupe aujourd'hui. Hu Jintao est l'initiateur de la « Société harmonieuse », visant avant tout à limiter les conflits sociaux. Il cessera ses fonctions en 2012 pour laisser vraisemblablement sa place à Xi Jinping, à moins qu'un coup de théâtre ne survienne. La fin du mandat de Hu Jintao marquera également le terme de la programmation des dirigeants Chinois influant mis en place par Deng Xiaoping. Voilà donc ces hommes, et cette femme, qui ont traversé, parfois avec quelques soucis, soixante ans de la vie politique chinoise et lui ont donné son visage actuel. Ce qu'il ressort de cette galerie de portrait, c'est que jusqu'à une date relativement récente, il ne faisait pas bon ne pas être dans les « bons papiers » des hauts responsables, mais est-ce si différent ailleurs ?