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Deuxième puis­sance mondiale certes, mais il faudra leur dire …

En devenant deuxième puissance mondiale, la chine met en exergue le fait que ce classement est aussi inutile que d'autres censés classer des blogs. Si la Chine a effectivement dépassé le Japon en termes de PIB, elle est très loin des U.S dont elle n'atteindra probablement jamais le niveau à moins d'une gigantesque catastrophe économique américaine, ce qui de plus aurait pour effet de faire dégringoler l'empire du Milieu au fond d'un abîme. Même passée devant son concurrent Nippon et bien d'autres, il faut toujours aller chercher dans les profondeurs des statistiques un pays ayant un PIB par habitant proche de celui de la Chine, ce qui démontre que l'écart est énorme entre le sommet que semble atteindre ce pays en termes de production, et ce qui constitue le quotidien de bien des habitants. Si les progrès sont notables en ce qui concerne la modernisation du pays, celle-ci n'a que peu de chance d'atteindre un jour l'ensemble de la population. Certes, un petit nombre peut en aujourd'hui atteindre cette classe moyenne qui fait tant rêver, mais les candidats se révéleront de moins en moins nombreux au fil des années, les ressources mondiales en matières premières ne pouvant subvenir à assurer un équilibre suffisant, et ne feraient que prendre aux « riches » pour donner à des « pauvres » qui en fin de compte ne verraient qu'une légère différence. Si les autorités n'espèrent à plus ou moins long terme qu'une société moyennement développée, c'est parce qu'elles sont conscientes que le monde actuel ne changera guère de visage. Si la Chine est souvent présentée comme un ogre économique, cette présentation n'a pour but que de donner une raison à la faillite des systèmes occidentaux actuels qui cachent leurs problèmes locaux derrière ce paravent de la montée en puissance d'un pays écrasant tout sur son passage, alors que la Chine n'en est qu'au stade de la simple survie. Même les riches Chinois sont conscients de cet état de fait, préférant investir l'argent gagné sur le dos des populations modestes dans des pays riches à l'économie plus développée et prometteuse d'une plus grande rentabilité. Si des régions sont historiquement prospères, suivies de quelques-autres qui semblent évoluer dans le bon sens, plus de la moitié du pays reste et restera pauvre, et ce ne sont pas les quelques miettes prélevées dans les zones côtières qui amélioreront un quotidien fixé par le lieu de naissance. Si en effet les locomotives de ce pays le tirent vers le haut, les wagons des régions les plus déshéritées semblent de plus en plus lourds à tirer, et ce, en supplément d'une motivation nationale passablement émoussée. Si les pauvres aspirent à devenir simplement moins pauvres, les riches quant à eux n'espèrent que pouvoir s'enrichir davantage, ce qui se fait au détriment des premiers. La chine a dans ce domaine bien des similitudes avec l'Afrique, où seules quelques familles ont su tisser les liens avec les responsables politiques ou économiques des pays historiquement riches, oubliant par la suite leur origine et utilisent leurs congénères de la même manière que les empires coloniaux se sont servis de leurs arrières grands parents. Cet écart qui se creuse entre population riche et pauvre pourrait être les prémices à une scission totale qui cette fois ne serait plus sociale, mais territoriale. Une Chine de l'Est élargie à quelques régions limitrophes immédiates serait en effet une solution dont doivent rêver certains, ce qui ferait ainsi de la Chine pauvre un excellent réservoir à matières premières et main d'œuvre à bas coût, et aurait pour effet de coûter nettement moins cher que de disperser des sommes colossales au seul titre d'une harmonie sociale devenant au fil du temps une notion totalement virtuelle et irréalisable. La Chine a beau être mise en avant lors de chaque marche franchie, ces étapes ne la mènent que vers une totale inconnue qui n'a rien d'optimiste pour la majeure partie de sa population, ce dont elle ne se doute sûrement pas. Quand cette vérité inéluctable sera-t-elle dite et par qui ? Nul ne le sait aujourd'hui, mais sans doute pas par le pouvoir actuel qui y laisserait bien trop de plumes, mais davantage par un système proche de ceux que nous connaissons, et qui au travers d'un semblant de démocratie arrive à faire avaler bien plus de couleuvres à une population subitement mise aux avant-postes et de fait responsabilisée, faute d'être suffisamment informée pour être responsable. Le titre de cet article étant inspiré d'une chanson de Francis Cabrel, je vous propose pour conclure cette phrase d'une autre chanson, mais de Guy Béart : « Celui qui dit la vérité, il doit être exécuté »