Accueil Tags Http

Tag: http

Archives

Profes­sion : Analyste bafouilleur

Vous devez connaître au moins de nom cette activité qui consiste à donner le lendemain du tirage les numéros gagnants du loto, pour ceux qui ne le sauraient pas, cette profession puisqu'il paraît que cela en est une, se nomme non pas médium, mais analyste financier, et comme son nom l'indique a pour objectif d'analyser diverses sources financières. Si la blogosphère a son spécialiste de l'anthropologie en Paul Jorion, elle a également son analyste financier en la personne de Michel Santi. S'il n'est pas le seul analyste dans ce domaine, il relate souvent publiquement ses prévisions ou constations, devenant un des phares de ce métier qui, rappelons-le au passage, a permis à l'économie américaine de vivre durant des décennies de manière totalement artificielle jusqu'au jour où cela est devenu trop difficile à cacher, au même titre que la situation en Grèce et autres pays de la CE. En plus d'être aussi efficace que ses confrères, mais la remise en question ne semble pas être au programme des grandes écoles, Michel Santi aime bien suivre le sens du vent, et par conséquent pond quelques articles sur l'économie Chinoise inspirée non pas de Confucius, mais du livre : « Économies du monde pour les sourds et aveugles ou analystes financiers», page 543, chapitre IV. Ce que cet analyste a de particulier, c'est que régulièrement les titres de ses articles se terminent par un point d'interrogation, comme s'il doutait de lui-même, et ce, d'ailleurs avec raison. Imaginez que vous alliez voir un médecin et qu'après de longs et pénibles examens il vous dise : » pensez-vous que vous allez mourir dans trois mois ? ». C'est pourtant le principe qu'il a adopté, ce qui me fait encore moins regretter de ne pas être allé très longtemps à l'école. Un de ces derniers articles s'intitule : « Une conjoncture chinoise en trompe-l'œil ? »
Puisqu'il y a un point d'interrogation, c'est pour avoir une réponse, la voici :
Dans la suite de son article, Michel Santi déclare :
« En progression de 13.4%, la Production Industrielle chinoise de Juillet connaît toutefois sa plus forte décrue en 11 mois et ce dans un contexte relativement inquiétant où les prêts bancaires stagnent, voire reculent. En fait, la probable raison pour laquelle les autorités chinoises n'ont pas permis au Yuan de s'apprécier notablement est que leur excédent commercial a chuté de 21% sur les sept premiers mois de cette année, mettant ainsi sous pression la croissance du pays. Dans la foulée, la balance des paiements chinoise s'est contracté de 8% cette année. » Ce commentaire est plus qu'amusant parce qu'il y a à peine quelques mois, le discours général était exactement l'inverse, critiquant la Chine sur les risques d'un échauffement économique en raison de la bulle immobilière et de l'envolée de la vente de véhicules aux particuliers. Comme par hasard, on ne parle plus de cette bulle qui devait pourtant éclater d'un jour à l'autre, et sur laquelle les banques chinoises sont intervenues sur ordre du gouvernement afin de resserrer sensiblement les conditions d'octroi aux crédits immobiliers, les autorités locales prenant un certain nombre de dispositions telles que l'interdiction d'acheter plus d'un appartement par famille, etc .. Pour ce qui est de l'appréciation du Yuan, il s'est apprécié de plus de 15 % par rapport à l'euro, mais il est vrai que la Chine n'y est pour rien, et je ne vois pas pourquoi les dirigeants chinois auraient préféré réévaluer leur monnaie plutôt que de préserver la population la plus modeste de son pays d'une forte augmentation du taux d'inflation. Rien ne dit d'ailleurs, et personne n'a jamais prouvé que le Yuan était sous-évalué, si ce n'est par rapport au dollar, ce qui signifierait que c'est la monnaie U.S qui n'est pas à son réel niveau. Il dit ensuite : « En fait, c'est le système financier du pays qui semble se dégrader, l'institut Moody  ayant ainsi tout récemment émis des réserves par rapport aux recapitalisations de trois banques chinoises. En effet, le fonds souverain chinois, China Investment Corporation (CIC), ayant injecté la semaine dernière 8 milliards de dollars dans trois établissements chinois, le problème étant que cette somme a été empruntée par CIC au lieu d'être tout simplement prélevée sur sa capitalisation. Ce qui a alerté certaines agences spécialistes ayant employé le terme de « crédit négatif » pour qualifier ces recapitalisations inhabituelles… » Si la première partie était déjà amusante, celle-ci est à pouffer de rire, car pas plus tard qu'il y a deux jours, le fond souverain Chinois (CIC) faisait l'acquisition de 10 % des droits de vote de la célèbre banque d'affaires américaine Morgan Stanley. Même Le Monde qui n'est pas réputé pour être un fervent admirateur de la Chine écrivait : Ce fonds souverain, à la tête de 300 milliards de dollars d'investissements, a été créé en 2007 dans le but de faire fructifier à l'étranger les massives réserves de change chinoises, qui s'élevaient à un montant record de 2 454 milliards de dollars fin juin. Ses placements sont essentiellement des actifs aux rendements sûrs, mais peu élevés, comme les titres de dette du Trésor américain. Voilà donc un fond souverain qui se paye 10 % d'une très grosse banque d'affaires, ce qui demande l'accord de la FED (Réserve fédérale américaine) car dépassant le seuil de 5 %, mais qui est jugé négativement par M. Santi qui ne sait même pas qu'il est parfois préférable d'emprunter même si l'on a les moyens de financer soi-même un achat. Il ne faut donc pas s'étonner que nos systèmes fonctionnent si mal lorsque l'on sait que de nombreux responsables politiques demandent conseil à ce style d'expertises. À moins qu'il ne s'agisse de cette volonté devenue chronique de critiquer un pays qui commence à sortir la tête de l'eau, faisant de faits de l'ombre à d'autres nations auprès de qui ces mêmes experts ont un poids certain sur l'opinion publique n'ont pas l'habitude de voir un système de gestion autre que celui qu'ils ont appris de la part de personnes, nées elles-mêmes à une autre époque.

Foxconn se robo­tise