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Dis maman, c’est quoi une dicta­ture ? (1)

Dans la série des « Dis maman, c'est quoi … », et après « Dis maman, c'est quoi un pays émergeant », un article ayant pour titre « dis maman, c'est quoi une dictature ». Fondamentalement, une dictature est l'opposée de la démocratie, mais encore faut-il arriver à définir ce terme dont beaucoup s'enorgueillissent sans toutefois pouvoir en donner la moindre définition solide. Ayant posé la question il y a peu sur un autre forum, la seule réponse  obtenue tend à dire que chacun à sa propre définition, ce qui a pour effet de rendre sa plage d'application assez floue. Comme il existe donc plusieurs « modèles démocratiques », on peut en déduire qu'il existe plusieurs types de dictature, et sans doute l'ex-système Pinochet n'a-t-il rien à avoir avec son homologue cubain, celui-ci n'ayant pour sa part sans doute qu'un lointain rapport avec la dictature à la Chinoise. Ce mot de dictature est souvent employé comme argument insultant, même si souvent la personne qui le prononce n'en a qu'une très vague idée. Combien de fois n'ais je pas entendu : « tu habites dans une dictature », ce qui a pour effet immédiat de fermer la porte à tout dialogue, du moins du coté de mon interlocuteur. Il faut dire que dans bien des cas, si la personne connaît très vaguement le système démocratique où il réside, il ne sait strictement rien de celui qu'il critique, se limitant à une définition basique et quelques clichés, ce qui souvent l'arrange bien. Voyons donc maintenant de plus près cette dictature Chinoise si souvent décriée, et ce, bien plus d'ailleurs pour des raisons d'idéologie partisane que les raisons faussement humanistes derrière se cachent certains. Qui dit dictature sous-entend dictateur, c'est-à-dire une personne s'étant autoproclamée comme le seul chef, et qui bien souvent conserve son poste jusqu'à sa mort, à moins qu'un état démocrate et gendarme du monde ne le destitue pour mettre à sa place une personne plus « conciliante (exemples sur simple demande). Or en Chine, il n'y a eu de dictateur dans ce sens précis du terme que durant la révolution culturelle dirigée par Mao, celui-ci ayant été lui-même exclu du pouvoir après le « grand bond en avant » avant de revenir lors de cette sinistre période. Ni Deng Xiaoping, ni Jiang Zemin et pas plus leurs successeurs ne peuvent être comparés à des Hitler, Pinochet et autres Ceausescu ou même Castro, le pouvoir n'étant pas détenu par un seul homme, mais par un parti, certes unique. De plus, et depuis plusieurs années tant le président que les divers ministres voient leurs prérogatives limitées dans le temps, que ce soit par la durée des mandats (2 X 5 ans à un même poste), ou par la limite d'âge après laquelle les dirigeants chinois se voient contraints d'abandonner leurs fonctions (65 ans). La structure parlementaire est ensuite assez proche de la nôtre, avec deux parlements distincts, mais là également aux seules mains du parti communiste de Chine, et c'est sans doute sur ce point que beaucoup s'appuient pour attribuer ce mot de dictature qui est d'ailleurs inscrit dans la constitution chinoise à l'article 1 : « Article 1 : La République populaire de Chine est un État socialiste de dictature démocratique populaire dirigé par la classe ouvrière et fondé sur l'alliance entre ouvriers et paysans. » Certains argueront du fait que la dernière partie de cet article est quelque peu erronée en ce qui concerne une direction basée sur la classe paysanne et ouvrière, ce qui est vrai, ce soutien n'ayant servi au parti qu'à accéder au pouvoir. Toutefois, si on regarde de près son homologue constitutionnel français, on se rend compte que là également un énorme fossé existe entre les écrits et la réalité des faits : Article 1 : La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Arrivé à ce stade-là, une parenthèse s'impose, celle-ci ayant pour but d'éviter à certains « bien-pensants » de perdre leur temps en remarques diverses sur mon attrait supposé pour ce régime : Je suis Français, le resterait jusqu'à ma mort, n'ait aucun droit en Chine, pas plus d'ailleurs que n'en a un étranger vivant en France. Je ne tire aucun intérêt de ce régime, et ne fais que relater des faits ou des impressions tel un simple observateur et non un juge. Je ne suis pas plus Chinois que communiste, et si je me plais ici, c'est pour bien d'autres raisons qui 'n'ont rien à avoir avec le système politique, celui-ci ne concernant de plus que les seuls Chinois. Si demain la Chine devenait une démocratie, je regarderais ce pays avec les mêmes yeux, sans que cela influe en bien ou en mal sur ma vision. Il y a en effet bien longtemps que je n'ai plus d'idéologie politique, et ce, bien avant de venir dans ce pays, ce qui me permet de plus un certain recul sur les choses en ayant goûté aux deux systèmes dont celui où je suis né et dont, malgré ce que certains disent, a été imposé par un petit nombre au même titre que le système Chinois. (Fin de la parenthèse) La Chine étant un pays immense, cette dictature collective doit s'appuyer sur un exécutif local où les dirigeants, bien qu'élus par la population (voir cet article), sont tous membres du PCC. Les postes à responsabilités ont des niveaux différents en fonction de l'appellation administrative, et c'est ainsi que les municipalités qui sont uniquement de grandes villes telles Shanghai, Pékin, Chongqing et Tianjin sont gérées directement par le gouvernement central, alors que les provinces et régions autonomes ont un gouverneur qui est le pendant de nos préfets. Les cinq régions autonomes ont quant à elles une gestion particulière puisqu'un conseil régional dispose d'un certain nombre de prérogatives portant sur le fait de pouvoir édicter ses propres lois ou ne pas appliquer les directives nationales, ce tant que ce refus ne va pas à l'encontre de l'unité nationale. Toujours dans le cas des régions autonomes, le président de région est obligatoirement issu d'une des minorités ethniques présente dans sa région. Au niveau inférieur, villes, bourgs et districts sont quant à eux gérés par des responsables locaux qui délèguent à leur tour un certain nombre de responsabilités à des commissaires chargés tant de faire appliquer tant les directives que de faire remonter vers le sommet de la hiérarchie un certain nombre de doléances ou d'informations recueillies auprès de la population. Sans doute héritées de l'époque collectiviste pure, les réunions publiques sont très (trop) nombreuses, et parfois houleuses lorsque certains problèmes doivent être tranchés. Il en est de même pour ce qui concerne la vie des Chinois, où malgré ce que certains pensent, par ignorance plus ou moins volontaire, la Chine n'est pas un Tien' Anmen quotidien, et si certains « dérapages » surviennent, ceux-ci sont bien plus souvent dus à l'interprétation douteuse de la part d'un responsable local que par une volonté affirmée de la part du gouvernement central qui tient avant tout à préserver le calme, élément indispensable à son maintien. C'est de cette vie quotidienne dans la « dictature Chinoise » qu'il sera question dans le prochain article, le plus important restant la vie des Chinois eux-mêmes, et ce, bien plus que toute idéologie politique qui rappelons le ne nourrit qu'une infime minorité de la population mondiale, et de près ou de loin ceux-là mêmes qui la diffuse.   Le système politique Chinois dans la constitution: Le système politique Chinois dans les faits: PS: ne souriez pas trop, et regardez de près la situation en France  depuis 60 ans ...