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L’ONU et la Chine : une simple ques­tion de respect

Il est souvent reproché à la Chine de ne pas suivre aveuglément les directives américaines onusiennes visant à condamner tel ou tel pays lors de certaines occasions, mais n'est-ce pas une manière pour ce pays de faire payer 26 ans d'humiliation ? Ce n'est en effet que le 26 octobre 1971 que la République Populaire de Chine a été enfin admise au sein de l'Organisation des Nations Unies, et ce, en remplacement de Taiwan où s'était exilé Chang Kai Check, ses troupes et ceux qui allaient coloniser cette île. Vingt-six ans d'ignorance de la part des nations dites unies, avec sans doute l'espoir d'un retour aux affaires du chef des troupes nationalistes, qui après avoir étroitement collaboré avec l'envahisseur Japonais pour lutter contre les communistes, avait reçu le soutien financier et logistique de son allié américain pour mettre fin aux prétentions de l'équipe de Mao. Si cette organisation se dit celle des Nations unies, ce titre se révèle être bien loin de la réalité, préférant ses amitiés politiques du moment à celles de peuples, et l'intérêt personnel de quelques-uns au détriment d'une population qui a souvent versé son sang pour obtenir cette liberté que les envahisseurs successifs l'empêchaient d'obtenir. Colonisations, concessions commerciales, guerres dites de l'opium, dépeçage systématique et chronique du pays, invasion japonaise, guerre civile, tels sont les mots qui marquent l'histoire même récente de ce pays, et l'on peut se demander ce qu'on pu faire les Chinois pour payer si cher le simple droit de survivre. Pourtant, et mis à part à l'encontre des Japonais auxquels de nombreux Chinois vouent encore une certaine haine, le peuple Chinois n'entretient aucun ressentiment vis-à-vis de ces pays étrangers, même pas contre les Français qui il y a 150 ans ont saccagé le Palais d'été de la Reine. Les Chinois ont en effet une profonde admiration pour ces pays qu'ils assimilent aux phares du savoir, de la culture, des grands philosophes et de la modernité. Cette admiration ou ce respect arrivent même à surmonter les vexations auxquelles ce peuple est régulièrement soumis au travers de critiques systématiques et souvent injustifiées, où d'évènements tel le passage de la flamme olympique à Paris qui a pourtant profondément heurté un peuple qui dans sa grande majorité ne demande qu'à vivre en harmonie avec le reste du monde. Ce passé souvent douloureux a fait que ce peuple chinois s'est regroupé autour de celui qui l'a libéré de sa misère chronique, de son analphabétisme entretenu, et ce, même si le système politique actuel a des aspects parfois critiquables. Si Mao a manqué pas mal de choses dans sa vie politique, il a au moins réussi à faire ce qu'aucune dynastie, aucun empereur n'avaient réussi avant lui, c'est-à-dire faire de ce pays aux 56 ethnies un peuple uni derrière une même bannière. Si au sein du pays des critiques s'élèvent parfois sur tel ou tel point précis de la gestion gouvernementale, celles-ci ne dépassent que rarement les frontières, le peuple sachant que seule l'unité peut l'empêcher de retomber dans les errances du passé. Le gouvernement connaît quant à lui ce sentiment, et l'utilise parfois, mais a également conscience que la population n'acceptera plus jamais la moindre division, que celle-ci soit territoriale ou liée à l'unité du peuple chinois, pas plus qu'il acceptera un quelconque alignement forcé émanant d'un autre pays, quel qu'il soit. Ce désir de non-ingérence dans ses affaires intérieures, c'est également celui qu'il pratique avec les pays avec qui il commerce, séparant par une ligne infranchissable les domaines économiques et politiques, ce qui a parfois tendance à agacer certaines nations qui depuis des siècles font elles également du commerce, mais bien souvent sous le couvert hypocrite d'un humanisme universel de façade. Lorsque la Chine refuse de s'allier à un vote prévoyant de sanctionner la Corée du Nord, ce n'est pas tant par amitié avec le régime décadent de Pyongyang, mais parce qu'il veut prouver tant à son peuple qu'à la communauté internationale que la Chine existe enfin, et qu'il faut compter avec elle. Si elle refuse également d'avaliser les représailles avec l'Iran, c'est il est vrai pour des raisons économiques, mais aussi pour défendre un pays qui comme elle, est la cible d'attaques systématiques et souvent injustifiées. Dans les deux cas, le gouvernement chinois ne défend, non pas des régimes politiques, mais une certaine vision de la pluralité de vision du monde, ce que font bien peu de nations qui se croient obligées de s'aligner derrière le grand frère américain. Quant à ceux qui accusent la Chine de défendre des dictatures parce qu'elle en est une, cela ne peut que faire sourire lorsque l'on sait que ces mêmes donneurs de leçons ont soutenu et soutiennent encore les pires dictatures mondiales que celles-ci soient Africaines, Arabes ou autres, allant jusqu'à loger les dictateurs déchus après les avoir financés et armés. Il reste évident que la Chine est une énorme déception pour certains qui pensaient comme par le passé faire entrer ce pays dans les rangs, et qui le voient contrecarrer bien des intérêts, sans pour cela avoir les moyens de s'y opposer. Si la Chine n'a nullement l'intention de diriger le monde, elle n'a pas non plus dans l'idée de se faire dicter une ligne de conduite qui ne serait pas la sienne et qui peut nuire à ses intérêts vitaux. Le gouvernement Chinois a quant à lui plus d'un milliard de personnes qui attendent de lui qu'il donne de la Chine l'image d'un pays ayant retrouvé sa souveraineté, et la moindre faiblesse de sa part provoquerait un mécontentement tel que le PCC y laisserait sans doute ce qu'il a encore de crédibilité. Si l'ONU se révèle un outil de domination pour certains, le cas de la Chine est différent puisqu'il s'agit avant tout pour elle d'une vitrine ayant pour objectif de montrer tant à son peuple qu'à sa population qu'elle est à nouveau sur le devant de la scène politique internationale, et que si les rancœurs liées à des interventions ou des prises de position hostiles sont rangées au rang du passé, elles ne sont pas oubliées pour autant. Que ce pays dérange quelque peu le bon ordre édicté lors de la conférence de Yalta, dont il avait d'ailleurs été soigneusement écarté, est une chose, mais ce partage s'étant fait sans sa présence, il est plus que normal qu'il demande sa part, qui rappelons le n'a pour but que d'exister en tant que nation, et non comme maître du monde contrairement à d'autres.