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Pour qui ce même combat ?

D’après de nombreuses sources d’information, la Chine serait un pays où il est pratiquement impossible de s’exprimer sans qu’un policier ne soit à votre écoute et fasse un rapport sur toutes les activités de la population, veillant ainsi en permanence à la sécurité du pays. Partant de cette hypothèse, on peut donc raisonnablement penser que des régions sensibles comme le Tibet ou le Xinjiang sont bien plus contrôlées en raison de leur instabilité sociale chronique. Il parait   également évident que les agitateurs notoires sont fichés et que la totalité de leurs faits et gestes sont étroitement surveillés.
Un système aussi bien rodé ne peut donc être pris par surprise et le moindre début d’agitation doit conduire normalement les autorités à resserrer leur surveillance. Il est d’autant plus facile pour des policiers de connaître les éventuels mouvements sociaux, que ces régions étant souvent peuplées de gens assez pauvres, qu’il est donc aisé d’acheter.Autres éléments bizarres,  la parfaite similitude du déroulement des agitations et les mêmes déclarations des responsables, comme par hasard tous deux exilés et ayant des liens étroits avec certaines officines dont l’activité est plus ou moins transparente.
Dans le cas des émeutes de Lhassa et celles récentes d’Urumqi, nous nous retrouvons en effet avec les mêmes débordements qui auraient commencés par une manifestation pacifique qui aurait ensuite dégénéré et qui, dans les deux cas avaient pour but affiché de casser du « Han », de préférence innocent car, pour avoir vu des images de Lhassa, où l’on voit un motocycliste se faire « caillasser » par trois ou quatre personnes, il est peu probable que cette personne était un riche Han chef d’entreprise, exploitant les pauvres Tibétains, de même que pour les trois jeunes filles, également Hans, brulées vives dans le magasin où elles travaillaient.Idem à Urumqi où ce sont de pauvres passants ou de petits commerçants qui ont fait les frais de la vindicte des émeutiers. Tout mouvement social, normalement constitué, va en effet davantage s’en prendre à des symboles du pouvoir qu’à des innocents dont les agressions subies ne peuvent que discréditer ce même mouvement tant auprès de la population, que de l’opinion publique internationale.
Dans les deux cas, les deux leaders occupent de façon instantanée le devant de la scène pour mettre en avant un nombre supérieur de victimes issues de leur communauté et dans les deux cas, certains médias font abstraction des victimes Hans pour ne citer que les chiffres annoncés par les deux vedettes ; chiffres souvent non étayés par de quelconques preuves, mais qui ont  pour effet de retourner une situation à leur avantage, complaisamment relayée par les médias.Imaginez en France la même situation c'est-à-dire des émeutiers, issus de l’immigration, qui iraient en plein Paris massacrer des centaines de personnes. Vous imaginez sans aucun doute les condamnations et la désapprobation générale de ces actes qui seraient relayées par la presse, parlant de voyous et autres terroristes.
Certains me rétorqueront que les Ouighours sont chez eux, contrairement aux Hans qui n’y sont que depuis 1759, ce qui fait quand même pas mal de temps. Si l’on n’accepte pas la présence Chinoise au Xinjiang, il faut en faire la même remarque pour pas mal d’autres pays dans la même situation et il sera utile de refaire la carte du monde. Quand des incidents, que l’on se garde bien de relater comme étant ethnique, surviennent dans nos DOM-TOM, ils sont systématiquement condamnés et personne ne mentionne l’aspect « libérateur » des émeutiers.D’autres utilisent ces malheureux évènements pour rappeler que le Xinjiang est un lieu d’essai nucléaire, comme le Tibet en est un pour l’enfouissement des déchets. Il faudrait donc réserver cette arme à quelques pays, choisis par eux-mêmes et qui eux auraient une fois de plus tous les droits, comme les U.S au Nevada, la France en Polynésie, etc. ... Excluant de fait tous les autres pays qui n’auraient que le droit de vivre sous cette menace permanente.Loin de dire que ces émeutes n’ont aucun lien avec certains problèmes spécifiques à ces régions, il est assez surprenant de constater un processus identique, à croire que la leçon a été bien apprise et répétée.
Sans privilégier non plus  le côté téléguidé de ces affrontements, il est tout de même intéressant de regarder à qui profite ces émeutes au Xinjiang au moment où  les États unis lancent une offensive majeure en Afghanistan, qui dispose d’une frontière commune avec le Xinjiang et dont les responsables militaires Américains ne verraient pas d’un mauvais œil les autorités Chinoises surveiller de plus près cette frontière.Si par la même occasion, il est possible de donner une image négative de la Chine dont l’économie semble redémarrer face à celles occidentales moroses, cela s’avère intéressant afin de faire patienter une opinion publique dont la peur d’un éventuel réveil commence à inquiéter bon nombre de dirigeants.
Les perdants de cette histoire sont avant tout  les Ouighours et autres minorités du Xinjiang car une fois passée la médiatisation intensive et  la passion épisodique qu’entretiennent certains vis-à-vis de tout ce qui peut porter tort à la Chine, cette région va retomber dans l’oubli et ne restera encore sans doute pour des décennies qu’un instrument politique que l’on sort de son étui en cas de besoin.