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Tibet : courage, fuyons…

L’annonce par les autorités Chinoises de la fermeture prochaine de la région Tibétaine aux étrangers va redonner un coup de fouet aux déblatérations en tous genres, et donner du grain à moudre aux défenseurs des soutanes exilées qui préparent leur retour depuis cinquante ans. Soutenus par des officines plus ou moins spécialisées en guérilla urbaine et autres agitations médiatisées, les exilés préparent ce qui pourrait bien être leur dernière chance de récupérer un pouvoir auquel ils tiennent tant. Les représentants de leurs commerces lucratifs sont sur les routes depuis des mois et le premier d’entre eux ne rate pas une occasion d’être sous le regard compatissant des caméras, s’attirant ainsi les bonnes grâces d’une opinion publique en quête de spiritualité que les religions traditionnelles ne semblent plus leur apporter.
J'ai remis tous mes pouvoirs au gouvernement tibétain démocratiquement élu, ce qui a été entériné par le récent conclave de Dharamsala ; 90 % des décisions sont d'ailleurs aujourd'hui prises par les élus tibétains.C’est ce qu’a déclaré le Dalaï-Lama lors d’un entretien avec le journal Le Point et qui présage assez mal de ce que pourrait être l’avenir dans le cas d’un hypothétique retour. Cette déclaration n’est pas sans me rappeler celle de l’Ayatollah Khomeini alors en exil en France et l’on connait le degré de liberté qui s’en est suivi. Ce que j’ai du mal à comprendre, c’est le degré de légitimité de ce pseudo-gouvernement qui ne représente qu’eux-mêmes en l’absence de tout vote démocratique dans la région d’origine et qui n’est de plus qu’une des branches du bouddhisme tibétain et non sa totalité. S’il suffit de s’exiler pour revenir des années plus tard, orné d’une aura de légitimité acquise par des personnes qui n’ont jamais montré par le passé aucune compassion ni respect pour leur peuple, cela ouvre le chemin a toutes les dérives qui ne feraient que faire retomber cette région dans son état précédent.
Il est de plus assez lassant d’entendre à tout bout de champ cette lancinante rengaine qui raconte que les moines sont exterminés alors que l’on en voit partout et que l’on ne parle que d’eux, comme d’ailleurs par le passé. Leur omniprésence, du moins dans les médias, semble bien prouver que leur éventuel retour aux affaires ne serait que la continuité de ce qui était avant un système féodal et théocratique.Bien que sachant que cela ne fait pas plaisir à un certain nombre d’occidentaux « boboisés », un régime religieux n’a jamais montré qu’il était un modèle en termes de libertés individuelles et que remplacer une main mise Chinoise visible par une autre, sans doute plus folklorique, mais dont les objectifs sont bien plus flous n’est sans doute pas la meilleure chose à souhaiter.
Il faudrait ensuite que les dirigeants des pays occidentaux aient un minimum de courage politique et au lieu de se complaire dans leurs rôles de faux-culs, annoncer clairement la couleur et en premier lieu reconnaître le gouvernement tibétain en exil, ce qui aura au moins l’avantage d’éclairer les lanternes. Reconnaître ce gouvernement impliquerait évidemment la reconnaissance d’une des aspirations des exilés au Grand Tibet, qui s’il n’a jamais existé a tout de même des députés nommés pour administrer ces régions.Il faudra ensuite que l’Inde, mais aussi l’Angleterre reviennent sur leur reconnaissance officielle du rattachement de la région à la Chine et que l’ONU émette un vote qui, même s’il est sanctionné par le droit de véto Chinois, aura au moins l’avantage de montrer le courage de certains dirigeants qui pour l’instant se limitent à recevoir le Dalaï-Lama plus ou moins en cachette, lui donnant raison en privé, mais le désavouant par leurs étroites relations avec les autorités Chinoises.
Il faudrait donc un changement radical de position abandonnant le « Courage, fuyons » au profit d’une reconnaissance explicite du Tibet en tant que pays indépendant. Il faudra en effet à un moment donné redevenir un peu sérieux et abandonner cette mascarade où les intérêts du moment occultent une réelle prise de position et font croire à quatre soutanes qu’ils sont les maîtres du monde.
Quand l’Allemagne a envahi la Pologne ou, plus récemment quand notre ex-ami Saddam Hussein a pénétré le Koweït, nous avons été bien plus prompt à réagir et n’avons pas eu besoin de cinquante ans de réflexions pour intervenir . Si cette cause est aussi crédible que certains veulent le faire croire, il n’y a pas de raison de se taire . Dans le cas contraire, le silence définitif est de rigueur, car cela finit par devenir indécent de faisant croire à l’opinion publique la présence d’un problème alors qu’il ne s’agit que d’une lutte d’influence politico-économique.