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E-commerce ou E-information ?

L’Agence France Presse(AFP) a trouvé un second souffle grâce que l’on peut appeler « l’E-information », qui est devenue le passage obligé pour tous les médias nationaux.Cet organisme public au statut bâtard n’est en effet rien d’autre que ce que Xinhua est à la Chine, avec tous les défauts d’une agence devant avant tout faire plaisir à son conseil d’administration composé comme suit :· 8 représentants des directeurs d'entreprises françaises de publication de journaux quotidiens · 2 représentants du personnel de l'AFP · 2 représentants de la radiodiffusion-télévision française · 3 représentants des services publics : le premier ministre, le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie et le ministre des affaires étrangères nommant chacun un représentant.
Le financement de l’AFP est assuré de la façon suivante (Source Wikipédia) :L'AFP ne dispose pas de capital, ni d'actionnaires, seulement de dotations de fonds propres. Son statut lui interdit d'être directement subventionnée par l'État, ce qui mettrait en doute son indépendance. Elle dépend donc de ses seules ressources commerciales, mais 40% de son chiffre d'affaires en 2004 provient des abonnements de services publics dépendant du gouvernement français. En tant que premier client et membre important du conseil d'administration, de fait l'État fixe lui-même le prix de son abonnement, selon les moyens qu'il veut attribuer à l'Agence, et selon son statut de 1957, qui prévoit une indexation sur le coût de transmission télégraphique. Chaque année lors de la discussion du budget, les représentants de l'État ont en effet une voix prépondérante. Il s'agit donc d'un système de subventionnement déguisé.
Voici donc comment en France, pays dont la presse est libre et indépendante, la majorité des « informations » est donnée par une entreprise gouvernementale dont la seule indépendance se résume à abonder dans le sens que lui dicte non pas l’actualité mais le besoin du moment, souvent imposé par l’alignement sur des intérêts politiques ou économiques.
Du haut de sa « notoriété », l’AFP s’est imposée au fil des années non pas par la qualité de ses dépêches, mais du fait de la crise qui touche la presse et qui fait qu’un abonnement à l’agence coûte nettement moins cher que de payer de vrais journalistes, permettant de plus de faire plaisir aux actionnaires des groupes de presse, eux-mêmes parties prenantes de l’AFP.La boucle étant bouclée, la majorité des médias nationaux ne font que reprendre ces dépêches et imposent à leurs lecteurs un certain nombre d’articles qui, associés avec les trois lettres magiques AFP, font office de certificat d’authenticité.
Sur ce fait établi, est venu se greffer un certain nombre d’officines commerciales qui ont trouvé là un excellent support publicitaire en mélangeant allègrement quelques « dépêches étatisées » avec des campagnes publicitaires payées au clic. La lecture de ces dépêches ne pouvant intéresser un grand nombre de lecteurs du fait de cette source unique, est venue l’idée du média participatif, qui est en passe de devenir ce que la mini-jupe a été dans les années yé-yés.
La méthode est simple, mais efficace :Vous faites un copié/collé d’une dépêche AFP et vous l’ouvrez aux commentaires des lecteurs qui se prennent tout à coup pour les rédacteurs en chef et y vont de leurs commentaires, allongeant ainsi de plusieurs pages un simple article de quelques lignes. Afin de pimenter la sauce, vous distillez quelques commentaires belliqueux dont l’origine n’est autre que des membres de la rédaction, et le tour est joué.
Le site devient donc un acteur majeur de l’information, mais qui est celle induite par les lecteurs eux-mêmes et non par la base informative, générant ainsi un important trafic mis en avant pour promotionner la valeur dudit site auprès des annonceurs potentiels.Dans les médias concernés et jouant ce rôle, un certain nombre sont conscients de leur fonction de simple agent et d’autres, plus imbus de leur personnalité, se prennent réellement pour des directeurs de presse et se targuent d’être indépendants ; on se demande bien de quoi et de qui.
Alors qu’il faut 10 minutes pour créer son propre blog, ce système est devenu la pire des arnaques intellectuelles en faisant croire aux lecteurs qu’ils avaient un poids réel sur le média alors qu’en fait il n’en sont que les marionnettes.
Certains « médias » en sont même arrivés à un tel point de dérive qu’un certain nombre de lecteurs ne lisent plus l’article de base, trop obnubilé pour répondre à un commentaire qui, même hors sujet, se veut une réponse au message précédent.Au travers de ce système, on se rend compte qu’il y a deux façons de censurer l’information :1°) Le système officiel Chinois qui est en partie inefficace et est  fait au grand jour.2°) Le système relaté plus haut qui canalise une partie de l’opinion publique sur les sujets dictés par les médias, eux-mêmes dépendants des hautes sphères étatiques du fait de la dépendance de la source d’informations.
Voilà comment dans un pays qui se veut démocratique on fait passer les médias pour des entités indépendantes et des vessies pour des lanternes.