T’as pas 10 briques ? C’est pour m’acheter un pavillon à Shan­ghai

Psa Peugeot CitroëN10 millions d’euros, c’est ce qui d’après les dernières rumeurs semble­rait manquer à la COFRES, la socié­té char­gée de gérer la construc­tion du pavillon qui doit repré­sen­ter la France lors de l’exposition de Shan­ghai. Si les grandes entre­prises que sont Lafarge, LVMH, Miche­lin, Sanofi-Aventis, Dassault Systèmes, EDF, GDF Suez, L’Oréal China, PSA Peugeot Citroën ont bien tenu leurs enga­ge­ments, le Président José Frèches ne cache pas son amer­tume en consta­tant que d’autres socié­tés, pour­tant large­ment présentes en Chine, rechignent à mettre la main à la poche.

Sans doute ces entre­prises n’ont-elles pas encore compris que dans ce pays, un des prin­cipes fonda­men­taux était le gagnant-gagnant, et qu’à l’occasion, certaines auto­ri­tés Chinoises pour­raient se souve­nir de la défec­tion de socié­tés pour­tant preneuses lorsqu’il s’agit d’empocher des béné­fices. Bien que ces problèmes finan­ciers ne touchent pas le seul hexa­gone, les U.S ayant égale­ment du mal à réunir le budget néces­saire, il serait dommage de ternir la fête à laquelle se préparent les Chinois, et il n’est pas impos­sible que le manque d’entrain de certains ne soit dicté par la vision d’une clien­tèle majo­ri­tai­re­ment locale lors de cette expo­si­tion. À quoi bon en effet faire des efforts, puisque ces socié­tés sont déjà bien implan­tées, et qu’elles se jugent incon­tour­nables.

C’est ainsi que Carre­four, Alstom, Airbus, Areva, Air Liquide, Danone, Veolia Envi­ron­ne­ment, Accor, BNP Pari­bas n’ont pas jugé bon de parti­ci­per à la part lais­sée à la charge des entre­prises, l’état pour sa part inter­ve­nant à hauteur de 50 %, soit 25 millions d’euros. Certains trou­ve­ront sans doute ce montant élevé, surtout pour expo­ser dans un pays qui est souvent criti­qué, mais entre ces critiques et la réali­té du marché, il y a un écart que bien des diri­geants poli­tiques ou écono­miques sont prêts à faire si en contre­par­tie leur présence peut être l’occasion de rempor­ter quelques marchés. Alain Delon, parrain de l’opération, et sorti de son formol suisse, ne vaudrait-il pas quelques efforts finan­ciers, ou Carre­four a-t-il encore envie d’être la cible de la colère chinoise, comme cela fut le cas l’an dernier pour d’autres raisons ?

Diffi­cile de trou­ver une réponse, car si l’on comprend la réti­cence de Danone qui s’est vu récem­ment écar­té du pays par son collègue Chinois, bien plus complexe semble être la posi­tion d’Airbus qui pense sans doute qu’il n’a plus rien à prou­ver, ou encore AREVA qui semble avoir vidé les caisses du marketing-publicitaire, peut-être au profit d’autres plus opaques réser­vées à d’autres EPRs en Chine ou ailleurs.

Si L’Oréal se la joue grande dame, et ce, malgré son récent procès perdu dans ce pays, c’est que les respon­sables de cette socié­té ont sans doute compris que ce marché était incon­tour­nable, et ce, malgré une concur­rence féroce, et des aléas liés aux pratiques commer­ciales de ce pays ; idem pour les parte­naires actuels, qui quoique déjà bien implan­tés, semblent tenir à montrer, tant aux visi­teurs qu’aux auto­ri­tés, qu’ils jouent le jeu, ce qui devrait leur permettre d’en tirer quelques avan­tages, tout du moins en termes d’image de marque.

Reste à trou­ver les 10 millions manquants, et en cas d’urgence, il paraît inévi­table que l’état doive inter­ve­nir afin de complé­ter le budget, ce qui sera imman­qua­ble­ment utili­sé par une gauche « bien-pensante » pour qui tous les combats d’arrière-garde sont bons pour sortir de leur torpeur chro­nique. Pour peu en effet que quelques inci­dents se déroulent dans leur région idéo­lo­gi­que­ment proté­gée du Tibet, ils pour­raient utili­ser cette inter­ven­tion budgé­taire de l’état comme argu­ment lors des élec­tions prochaines, et ainsi grap­piller quelques élec­teurs « enfu­més ».

Les diri­geants chinois voulant donner à cette mani­fes­ta­tion un reten­tis­se­ment semblable à celui des J.O de Pékin, il est presque certain que l’on va voir fleu­rir d’ici à quelque temps les slogans anti­chi­nois habi­tuels, tenus par les incon­tour­nables perma­nents des causes perdues, ce qui pour­rait en partie expli­quer l’absence de certaines entre­prises fran­çaises, frileuses à l’idée de caution­ner une expo­si­tion jugée comme étant un satis­fe­cit donné à la Chine. Ce qui est certain, c’est qu’à la fin du mois d’octobre, et par consé­quent après les festi­vi­tés commé­mo­rant les 150 ans du saccage du palais d’été où la France est invi­tée, les auto­ri­tés chinoises seront fixées sur les rela­tions qu’elles peuvent entre­te­nir avec tel ou tel pays, ou encore socié­tés.