Synu­tra chez les Bretons

Après Asté­rix, c’est au tour du groupe chinois Syno­tra de mettre un pied en Bretagne. Bien que cette socié­té soit basée à Qing­dao, le berceau d’une grande marque de bière, son acti­vi­té tourne autour du lait et en parti­cu­lier des produits pour enfants. Rare resca­pée locale du scan­dale ayant frap­pé ce pays en 2008, Synu­tra vient de signer un accord de parte­na­riat avec le fran­çais Sodiaal. Après de diffi­ciles négo­cia­tions et plusieurs reports, Synu­tra s’est enga­gé à inves­tir 90 millions d’euros en vue de construire deux tours de séchage de lait et de produc­tion de lacto­se­rum entrant dans la nutri­tion infan­tile. Si du côté fran­çais cet accord va permettre de reclas­ser tout ou partie des 100 employés d’une autre unité program­mée pour être fermée en 2015, il ouvre à Synu­tra les portes d’un appro­vi­sion­ne­ment en matière première de quali­té.

Domi­né depuis 4 ans par des marques étran­gères expor­tant leurs produits ou les fabri­quant sur place sous contrôle, le marché du lait chinois s’avère des plus rentables en raison de prix de vente parmi les plus élevés au monde. Après le rejet en 2011 de l’offre chinoise de la part de Bright Food pour Yoplait, Synu­tra confirme le désir de la Chine de redres­ser la tête dans un secteur indus­triel dure­ment éprou­vé. Si l’aspect renta­bi­li­té est bien enten­du une raison de cet accord, celui-ci n’aurait pu être conclu sans le feu vert des auto­ri­tés chinoises qui voient là une occa­sion de frei­ner l’appétit finan­cier de groupes tels Dumex et autres en créant un semblant de concur­rence.