Suzhou : des toilettes publiques comme carte de visite

Si les histoires de toilettes publiques aux allures luxueuses sont rela­ti­ve­ment fréquentes en irri­tant une partie de l’opinion publique, celles « agitant » la ville de Suzhou dans le Jiang­su consti­tuent une première. Alors que d’habitude les respon­sables de la ville concer­née se confondent à posté­rio­ri en excuses et promesses visant à corri­ger le tir, ceux de la 6ème puis­sance écono­mique du pays assument leur choix et le justi­fient.

D’une surface de 200 m², le premier étage de ce bâti­ment est réser­vé aux employés de l’assainissement qui peuvent s’y repo­ser. Répon­dant aux normes faci­li­tant l’accès aux personnes handi­ca­pées, un ascen­seur spécial leur est dédié, les deux aspects réunis semblant devoir faire l’unanimité. Ce sont pour­tant de nombreuses critiques qui ont plu sur les initia­teurs de cette réali­sa­tion en mettant en avant certains points peu pratiques du bâti­ment et surtout quelques soup­çons de corrup­tion. Si celle-ci est présente à peu près partout, elle est d’autant plus inté­res­sante pour les corrom­pus que le montant des travaux est élevé.

Côté muni­ci­pa­li­té, on affirme que le dossier est propre en y ajou­tant une note person­nelle qui peut surprendre. D’après certains respon­sables de la ville, la quali­té d’une agglo­mé­ra­tion se juge en premier lieu par le niveau de confort de ses toilettes publiques. Il est par consé­quent logique de favo­ri­ser ces endroits qui sont en quelque sorte une carte de visite. Les cadres diri­geants de Suzhou n’hésitent pas à justi­fier cette dépense par un PIB/habitant parmi les plus élevés du pays avec un peu plus de 100 000 yuans.

Pour les « détrac­teurs », un reve­nu élevé n’impose pas des dépenses jugées par eux inutiles en appuyant sur le fait qu’il demeure des choses bien plus urgentes que ces luxueuses toilettes publiques. Si l’on était en France, ce débat vaudrait d’agiter les prochaines élec­tions muni­ci­pales, mais se limi­te­ra en Chine à l’application du vieux dicton : « Les Chinois aboient, le PCC passe ».

Source : China­news