Star’Ac à la Chinoise

La ChineÀ l’instar de nombreux pays, la Chine a sa Star’ AC qu’elle a d’ailleurs nommée « Super Girl » afin d’avoir une conso­nance plus « moderne ». Si ce pays copie parfois de bonnes choses venues de l’étranger, elle a égale­ment tendance à en prendre les mauvaises comme s’il s’agissait d’un paquet-cadeau dont l’intégralité est à prendre ou à lais­ser. On retrouve donc dans ce show télé­vi­sé les ingré­dients large­ment usités dans d’autres pays avec ses juges-professeurs, le vote du public et bien enten­du les candi­dates sélec­tion­nées à travers toute la Chine. Comme son nom l’indique en effet, ce concours est réser­vé aux seules personnes du sexe fémi­nin, sans doute pour des raisons d’audience.
Le vendre­di soir a lieu le grand show qui va élimi­ner une ou plusieurs candi­dates après avoir été jugées tant par les profes­seurs que par le public présent sur le plateau, mais aussi par un vote des inter­nautes recueilli par les grands opéra­teurs du web et de la télé­pho­nie.
Musi­ciens et danseurs viennent épau­ler les futures gloires de la chan­son chinoise et mettre en valeur les chan­teuses qui riva­lisent à coup de tenues parfois assez excen­triques où la mini-jupe est souvent de rigueur. Il faut ajou­ter à cela un manque de natu­rel flagrant de ces futures vedettes qui ont parfois tendance à privi­lé­gier l’esthétique de leur corps à la quali­té de leurs cordes vocales. Là aussi, les chan­sons en anglais sont omni­pré­sentes afin de donner une note plus moderne, parfois au détri­ment d’une certaine iden­ti­té. Ce mélange de genres donne un résul­tat moyen qui reflète davan­tage l’état d’esprit de la jeunesse chinoise en quête d’identité que de la réali­té du niveau des inter­prètes chinois qui est large­ment supé­rieur à ce qui est présen­té ici.

Au milieu de cette unifor­mi­té de quali­té moyenne, qui ressemble sous certains aspects à une sélec­tion des plus belles poules de la basse-cour, est venu se glis­ser un canard dont on ne sait trop comment il en est arri­vé là, surtout quand on sait que les sélec­tions ont porté sur des milliers de candi­dates. Il s’agit peut-être d’un des effets du « guan­xi » chinois qui permet à certains d’accéder à des niveaux qu’ils n’auraient jamais obte­nus sans ces rela­tions ; toujours est-il qu’elle est là où plutôt était puisqu’‘elle a enfin été élimi­née la semaine dernière.
Pour­quoi enfin ? Je vous laisse écou­ter une de ces pres­ta­tions et je n’ai pas choi­si la pire :

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Une autre pour la route :

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Zeng Yi Ke, est auteur, compo­si­teur et inter­prète, hélas pour nous, car son niveau de chant est égal à son don pour la guitare, c’est-à-dire nul, sans parler du néant des paroles de ses chan­sons. Avec de fausses allures de John Baez et son air de contes­ta­taire qui contras­tait avec les « Barbies » concur­rentes, elle aurait pu être le chef de file de ce que pour­rait être la vraie chan­son chinoise, mais son manque de talent l’a relé­guée à la place d’un clown, fonc­tion d’ailleurs peut-être volon­tai­re­ment dévo­lue afin de pimen­ter une sauce parfois un peu fade. La présence de cette « chan­teuse » a même créé une réelle polé­mique reprise par la presse et un jour­nal du Guangxi appe­lait même à casser la télé quand Zeng Yi Ke appa­rai­trait.
Un des juges-professeurs est allé jusqu’à quit­ter la tribune lors de son passage et a donné une confé­rence de presse où il a « descen­du » en flèche la malheu­reuse candi­date qui ne s’est pas gênée de lui répondre en public à la suite de sa pres­ta­tion.


Montage média­tique pour atti­rer de l’audience ou désir de la part des orga­ni­sa­teurs de montrer une image moins lissée de sa jeunesse, diffi­cile à dire et seuls ces mêmes orga­ni­sa­teurs connaissent la véri­té. Afin de ne pas vous lais­ser sur une mauvaise impres­sion, je vous livre une autre chan­son, mais cette fois d’une autre inter­prète de cette émis­sion ; celle-ci est plus ….. Chinoise.

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Vit non pas dans une mégapole pleine d'expatriés, mais dans un village plein de Chinois. Pour le reste faut-il être diplômé pour comprendre le monde, chacun sa réponse en fonction de ses propres diplômes. La reproduction totale ou partielle des articles de ce site n'est en aucun cas permise sans autorisation.