Sondage Ifop/Paris-Match : LES FRANÇAIS VEULENT UNE VRAIE PRESSE

Suite à l’annonce du sondage Ifop/ Paris-Match parais­sant ce jeudi, les médias ont reco­pié dans leur grande unifor­mi­té de pensée des résul­tats pour le moins surpre­nants. Si la promo­tion de l’actuel ministre de l’Intérieur à Mati­gnon reste dans l’acceptable, il en est tout autre­ment en ce qui concerne Ségo­lène Royal aména­geant place Beau­vau ou Élisa­beth Guigou reve­nant à la justice 14 ans après son départ.

Tout cela repose d’une part sur l’hypothèse d’un rema­nie­ment du gouver­ne­ment et d’autre part sur le modèle proche de la malhon­nê­te­té du sondage. Alors qu’une majo­ri­té de Fran­çais rejette le gouver­ne­ment actuel, meubler le nouveau de person­na­li­tés usées avant leurs nouvelles prises de fonc­tion appa­rait quelque peu contra­dic­toire. Cette impres­sion d’usure se trou­ve­rait alors confir­mée par un PS inca­pable de propo­ser autre chose qu’un jeu de chaises musi­cales, le camp adverse ne valant guère mieux avec les Juppé et autres artistes poli­tiques vieillissants.

sondagePour en reve­nir au sondage, on peut se deman­der s’il s’agit de deman­der réel­le­ment leur avis aux Fran­çais, pour peu qu’un sondage ait une valeur repré­sen­ta­tive, ou de mener une simple opéra­tion de marke­ting. Derrière le titre raco­leur, « LES FRANÇAIS VEULENT VALLS À MATIGNON » se cache une véri­té faisant que les médias fran­çais possèdent un énorme pouvoir de nuisance. En repre­nant ce qui pour­rait être pris pour de l’information, les autres médias ne font qu’influer sur une opinion publique déjà large­ment formatée.

Si ce ne sont déjà pas les Fran­çais qui souhaitent voir ces personnes au futur gouver­ne­ment, mais « Des Fran­çais », il faut égale­ment préci­ser que le choix se limi­tait aux noms choi­sis par l’institut de sondage. Valls, Ayrault, Barto­lone et Monte­bourg étaient par exemple les « nomi­nés » au poste de Premier ministre, ce qui n’est pas sans remettre en ques­tion la crédi­bi­li­té de ce questionnaire.

Il n’y a rien d’anormal à ce qu’un média comme Paris-Match se livre à ces diver­sions, le dépla­cé étant sa matière première. Plus grave est la reprise de ces résul­tats par de grands médias qui apportent ainsi ce qu’il leur reste de caution morale à ce qui n’a rien d’une infor­ma­tion. Ce télé­gui­dage ne gran­dit pas la presse en prenant les Fran­çais pour des moutons et même des cons.