Solex est-il reve­nu en Fran­ce pour y mourir ?

solexFabri­qué en Chine où ce mode de trans­port est un grand clas­si­que, Solex revient en Fran­ce avec en tête de la fanfa­re Arnaud Monte­bourg. 1,3 million d’euros d’aide rembour­sa­ble sur cinq ans ont beau­coup aidé au retour en Fran­ce du mythi­que Solex et à l’autosatisfaction du minis­tre char­gé du rapa­trie­ment des moutons noirs. De là à envi­sa­ger un rema­ke du feuille­ton Jani­que Aimée, il n’y a qu’un pas que les respon­sa­bles marke­ting d’Easy­bi­ke pour­raient envi­sa­ger. À la mode dans les années 50–60 avec son moteur entrai­nant la roue avant par l’intermédiaire d’un galet, le Solex est aujourd’hui élec­tri­que en ne conser­vant que le nom de ce qui a construit sa célé­bri­té.

solex2Autre­fois unique, le « velo­so­lex » se voit aujourd’hui confron­té à une rude concur­ren­ce sur un marché de niche. Bien qu’en haus­se de 15 %, les ventes de VAE (vélo à assis­tan­ce élec­tri­que) ne repré­sen­tent que 1,6 % des 3 millions de deux-roues écou­lés annuel­le­ment. Face aux nombreu­ses marques déjà présen­tes, on peut se deman­der ce que cette relo­ca­li­sa­tion peut appor­ter. La haus­se de prix consé­cu­ti­ve à ce retour de la fabri­ca­tion dans l’hexagone est annon­cée dans la tran­che des 10–15 % pour des produits vendus entre 1200 et 2500 euros. Bien que situés dans le créneau de prix des concur­rents, rien n’assure que la clien­tè­le fran­çai­se se tour­ne­ra vers les produits Solex au seul nom d’un « Made in Fran­ce » ayant coûté au contri­bua­ble un peu plus d’un million d’euros.

Quel­le sera la renta­bi­li­té de cette opéra­tion en dehors de celle de commu­ni­ca­tion du minis­tre dédié ? Diffi­ci­le à savoir aujourd’hui, le nom de Solex étant avant tout pour de nombreux Fran­çais un souve­nir rangé sur les étagè­res de l’histoire. Une autre hypo­thè­se est que Solex soit reve­nu en Fran­ce pour y mourir, les frais d’obsèques étant payés par l’État fran­çais.