« Sino­latre » mais pas aveugle

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L’ex-empire colo­nial Fran­çais

« Sino­latre », ce mot n’existe pas, mais il est parfois employé par des personnes qui ne tolèrent pas que certains puissent dire que la Chine va mieux. Ils le tolé­re­raient sans doute mieux si ce pays était, comme par le passé, sous la coupe d’un certain nombre de pays occi­den­taux, mais dans le cas présent c’est inac­cep­table. Si la Chine était une démo­cra­tie comme l’Inde, où la corrup­tion est autant en vigueur qu’en Chine, mais où les gens meurent bien plus de faim, ce serait accep­table, mais sous une dicta­ture que certains disent encore commu­niste, non. Il s’agit donc bien d’un débat idéo­lo­gique et non d’une quel­conque mission en vue d’améliorer la vie du peuple chinois.


Ces mêmes personnes, qui ne connaissent souvent de la Chine que quelques rues de la ville où ils habitent et qui se gardent bien d’aller deman­der direc­te­ment aux personnes concer­nées, vous sortent toujours les mêmes réfé­rences que s’ont Tien AN Men et un certain nombre de révoltes comme au Tibet. Avec ces quelques argu­ments, ils montent à l’attaque de tous ceux qui ne sont pas de leur avis, écar­tant d’une main tous les problèmes qui touchent aux autres pays comme la Pales­tine et tant d’autres conflits bien plus anciens où la France a encore une certaine influence. Sans parler du passé, où notre empire colo­nial n’a pas été, et de loin, la réfé­rence abso­lue en matière de droits de l’homme, il est inter­dit de parler des choses qui fâchent et l’on préfère s’acoquiner avec un théo­crate en soutane venant non pas d’Iran comme la dernière fois mais d’Inde. Si être « sino­latre » c’est dire que la Chine a fait plus en vingt ans pour son peuple que la majo­ri­té des autres pays ayant le même retard eh bien oui, je le suis. Si être « sino­latre » c’est dire que les Chinois vivent de mieux en mieux, eh bien oui, je le suis. Si être « sino­latre » c’est dire que ce système n’est pas l’horreur que certains dépeignent, eh bien oui, je le suis.

D’ailleurs et c’est assez amusant, si dans Google vous tapez ce mot, vous ne le trou­ve­rez que dans des endroits à voca­tion assez parti­sane car, en prin­cipe les personnes émet­trices de ce genre d’arguments ne sévissent que dans des lieux préser­vés et ne se risquent pas plus à sortir de leur péri­mètre de sécu­ri­té qu’elles ne se risquent à aller voir ce qui se passe réel­le­ment en Chine. Ayant un esprit telle­ment étroit, ils ne peuvent imagi­ner qu’un pays peut chan­ger et se complaisent dans les livres d’histoires souvent écrits par des occi­den­taux qui eux non plus et malgré leur soi-disant esprit de tolé­rance, ne peuvent imagi­ner qu’il existe une autre culture et d’autres mœurs. Souvent issus de la même ligne de pensée que ceux qui défen­daient le Maoïsme à l’poque où le peuple Chinois mour­rait de faim, ils prennent aujourd’hui comme valeur de combat le fait que tout ne soit pas parfait et cela sans jamais rien propo­ser ; c’est la raison pour laquelle je les nomme­rai les « sino­phages » car mis à part criti­quer et « bouf­fer » du Chinois, ils ne montrent vrai­ment rien.