Sili­con Valley fran­çaise : lundi on rase gratis

hollande-gayetNon, ce n’est pas Julie Gayet que Fran­çois Hollande se prépare à embras­ser. Malgré son atta­che­ment au mariage « pour tous », notre président n’a pas davan­tage chan­gé ses orien­ta­tions sexuelles. Alors que fait-il dans cette posi­tion équi­voque ? Il joue à l’Américain faute de comprendre les Fran­çais. Au Mali, Fran­çois Hollande est malien, belge en Belgique, Yankee aux USA, mais socia­liste en France. Dans la Sili­con Valley, il était logique qu’il devienne un chantre du langage codé, ce même si ses déci­sions ne semblent pas toujours logiques.

Toujours dans le domaine du virtuel, le président fran­çais s’est fendu de quelques promesses à l’image de celles élec­to­rales, c’est-à-dire n’engageant que ceux qui les croient. Quelques jours après le départ de Yahoo vers l’Irlande, la Sili­con Valley de l’Europe, Fran­çois Hollande tombe en pâmoi­son devant ce lieu dédié à l’informatique. Ce qu’il propose est « amusant », ce pour peu que le soit le manque d’imagination : « pour faire en sorte de réus­sir à dupli­quer en France le modèle de la réus­site cali­for­nienne ». Après cette décla­ra­tion pleine d’ambition, il sera diffi­cile de repro­cher aux Chinois de copier tout ce qui leur passe à portée de main. Rassurez-vous, les livres d’histoire sur lesquels sont assis une partie des Fran­çais ont encore un bel avenir en tant que réfé­rences indis­cu­tables de la supé­rio­ri­té hexagonale. 

Défai­tiste ? Non réaliste. Lorsque Fran­çois Hollande déclare : « je veux favo­ri­ser l’apprentissage du « codage » dès l’école », il ne sait visi­ble­ment pas de quoi il parle malgré ses liens étroits avec le corps ensei­gnant. Qui va en effet apprendre aux élèves les bases de la program­ma­tion ? Les ensei­gnants actuels pour qui un ordi­na­teur sert en prio­ri­té à retwit­ter les ordres de grèves ou à choi­sir son prochain lieu de vacances ? Notre président pense-t-il que le simple fait d’être ensei­gnant confère les connais­sances indis­pen­sables à ce qui est un vrai métier ? Quelle est la disci­pline qui va être ampu­tée pour donner le temps néces­saire à cet ensei­gne­ment ? A-t-il la moindre idée du temps et des études néces­saires à l’application des tech­niques de program­ma­tion ? Certains Fran­çais ont encore en mémoire la splen­dide idée des T07 (Thom­son) payés une fortune dans les années 80. Censés donner les bases de l’informatique aux jeunes, une bonne partie de ces machines est restée dans les cartons faute d’enseignants formés et de prises élec­triques pour les bran­cher, ce en supplé­ment de la piteuse offre logi­cielle. À toutes ces ques­tions, la réponse est ce vide qui promène les Fran­çais de décep­tion en déception. 

La Sili­con Valley est unique au même titre qu’un Pome­rol ou qu’un Camem­bert de Norman­die, elle ne se duplique pas, et ce d’autant moins dans un envi­ron­ne­ment hostile. L’innovation, la créa­tion, ces deux piliers de la vie moderne ont besoin de liber­té et de tran­quilli­té d’esprit pour s’épanouir. Depuis des décen­nies, les gouver­ne­ments succes­sifs ont appli­qué une poli­tique tota­le­ment oppo­sée à ce qui a fait des USA ce qu’ils sont.

Décla­rer que l’on n’aime pas les riches est contra­dic­toire avec l’esprit d’entreprendre qui soudai­ne­ment anime le président fran­çais. Un jeune faisant de longues études, travaillant tard le soir pour se perfec­tion­ner attend autre chose que gagner tout juste de quoi vivre, le reste étant ponc­tion­né par un État géné­reux de l’argent gagné par les autres et ensuite distri­bué à des fins idéologiques.

Les USA ne sont pas pour la France un modèle sur le plan social. Ce que Fran­çois Hollande admire aujourd’hui est en effet inap­pli­cable en France pour rester en phase avec ses élec­teurs. Ses promesses ne sont pas plus crédibles vues par ceux qui auraient envie d’entreprendre dans leur pays, mais se voient contraints d’aller le faire ailleurs, non par choix fiscal, mais par le simple besoin de pouvoir respi­rer. Cette clow­ne­rie améri­caine ne vaut donc pas plus que le reste, si ce n’est le talent d’acteur d’un homme poli­tique passé par hasard de second rôle dans une série X à celui de premier plus vrai­ment jeune dans un trop long métrage de cinq ans.