Sanya, le Las Vegas chinois au-dessus des lois

sanyaL’article 303 du Code pénal chinois inter­dit les jeux à but lucra­tif. Nombreux sont habi­tants à avoir passé quelques heures ou jours en déten­tion admi­nis­tra­tive après la visite très program­mées de la police. Pour les orga­ni­sa­teurs de ces jeux clan­des­tins, ce sont plusieurs mois ou années de prison et de fortes amendes qui viennent démon­trer que ce texte est toujours appliqué.

En paral­lèle de l’application de cette loi, un récent repor­tage diffu­sé sur une chaîne natio­nale vient de renfor­cer l’idée qu’en Chine l’égalité est à géomé­trie très variable. Réali­sé à Sanya dans le Hainan, ce repor­tage montre des hôtels 5 étoiles abri­tant de véri­tables casi­nos. Les grands clas­siques y sont présents avec roulette, poker, black jack et autres autour desquels se pressent des centaines de clients. Hypo­cri­sie oblige aucun billet de banque n’est visible, les centaines de milliers de yuans néces­saires étant rempla­cés par les tradi­tion­nels jetons.

Si le bouche à oreille joue un grand rôle, la clien­tèle est égale­ment atti­rée grâce aux cartes de visite présentes dans les chambres ou distri­buées dans les rues. Devant le succès gran­dis­sant de ces casi­nos, les groupes finan­ciers plus ou moins offi­ciels à l’origine de ces établis­se­ments viennent de lancer plusieurs projets d’agrandissement dont certains portent sur des dizaines de milliers de m². Venant complé­ter le finan­ce­ment interne, une partie des appar­te­ments est propo­sée à la vente avec la possi­bi­li­té d’acheter une période précise d’occupation.

Bien évidem­ment, les respon­sables locaux et la police sont au courant de ce détour­ne­ment de la loi. Visi­ble­ment moins sévères sur les acti­vi­tés de ces casi­nos dégui­sés que pour des paysans misant quelques yuans dans un hangar agri­cole, cette situa­tion ne fait qu’accentuer le fossé entre deux Chine. L’origine de l’argent mis en jeu, le finan­ce­ment de ces « casinos-palaces », ces aspects sont mis de côté au seul béné­fice de l’argent facile profi­tant à une mino­ri­té pour qui le rêve chinois n’a pas atten­du l’arrivée de Xi Jinping.