Réou­ver­tu­re de Brico­la­ge Gouver­ne­men­tal après réno­va­tion

bricoleurtLa nomi­na­tion de Manuel Valls peut aisé­ment s’assimiler à la démar­che intel­lec­tuel­le de celui qui tombe de 10 étages et qui durant sa chute télé­pho­ne à son coif­feur pour pren­dre rendez-vous. Croi­re en effet qu’un chan­ge­ment de tête va suffi­re à redres­ser la situa­tion relè­ve de la plus parfai­te naïve­té ou sous-entend que les Fran­çais sont des idiots. Ce qu’ont sanc­tion­né les Fran­çais lors des élec­tions muni­ci­pa­les n’est pas unique­ment le mauvais jeu des joueurs formant l’équipe gouver­ne­men­ta­le, mais vise en prio­ri­té le sélec­tion­neur de ces joueurs. Dans le sport, une telle débâ­cle signe le départ de celui dont la mission était de former la meilleu­re équi­pe possi­ble et d’insuffler à celle-ci le désir de gagner. Au lieu de cela, l’année écou­lée a été celle de l’improvisation, du jeu person­nel et de la criti­que des coéqui­piers.

Si Nico­le Bricq, ex-ministre du Commer­ce exté­rieur, avait été dans l’équipe précé­den­te, un « et bien casse-toi connas­se » serait venu répon­dre à son commen­tai­re dépla­cé sur la quali­té de la cuisi­ne servie à l’Élysée. Rien de tel au royau­me de la plai­san­te­rie à 3 sous où n’importe quel bobo trou­ve sa place dans la mesu­re où il appor­te quel­ques milliers de voix. Ces person­nes n’ayant aucu­ne notion de ce qu’est un pays, ile ne peuvent le repré­sen­ter et leur départ sera bien plus fêté que regret­té.

Reste l’avenir du sélec­tion­neur qui d’après certains « spécia­lis­tes » joue avec Valls sa derniè­re carte. Cette analy­se pour­rait être drôle s’il ne s’agissait de la vie des Fran­çais. Fran­çois Hollan­de est en effet en place jusqu’en 2017 et rien ne pour­ra chan­ger cet état de fait impo­sé par la majo­ri­té des Fran­çais.

D’ici un an, le nouveau Premier minis­tre aura lui aussi fait l’amère expé­rien­ce que rien ne vaut une place dans l’opposition. Ne reste­ra donc plus que la disso­lu­tion, ce qui ne gêne­ra guère un prési­dent plus inté­res­sé par la fonc­tion et les avan­ta­ges qu’elle procu­re que par la mission que lui ont confiée les Fran­çais.

Mais Manuel Valls peut réus­sir ! Réus­sir quoi ? Ni lui, ni son supé­rieur n’ont la moin­dre idée des problè­mes des Fran­çais et ne peuvent donc que diffi­ci­le­ment y appor­ter une solu­tion. Il faut souli­gner que ce manque de connais­san­ce d’un monde où ils ne vivent pas est iden­ti­que dans l’autre camp. Si Fran­çois Hollan­de a choi­si Valls pour mener une poli­ti­que de droi­te, autant dissou­dre de suite, car fera gagner du temps. Un autre avan­ta­ge de cette disso­lu­tion serait de ne pas brûler ses ailes à l’ambitieux ex-ministre de l’Intérieur. Sa nomi­na­tion n’enchantant déjà pas les bobos écolos initia­le­ment embar­qués en raison de la gratui­té des places, un Valls appli­quant ce qu’il promet sera systé­ma­ti­que­ment assi­mi­lé à un membre de la droi­te et donc reje­té par les élec­teurs de gauche.

Comme le disait récem­ment un de ses amis à Fran­çois Hollan­de : « Le problè­me, c’est toi ! ». Cela peut paraî­tre méchant, mais vrai, ce même si Fran­çois Hollan­de peut parta­ger ce problè­me avec la majo­ri­té de Fran­çais qui lui a appor­té ses voix. Ce qu’il manque en fait à la Fran­ce, ce sont des candi­dats d’un niveau leur permet­tant de gérer un pays ou au moins une équi­pe. Partant du prin­ci­pe que les mauvais ouvriers se plai­gnent toujours d’avoir de mauvais outils, un Prési­dent doit savoir choi­sir ceux-ci et pour cela connai­tre la fonc­tion de chacun d’eux. Au lieu de cela, nous assis­tons depuis tren­te ans aux mêmes promo­tions qui ont lieu chez Mr Brico­la­ge avec distri­bu­tion gratui­te de porte­feuilles minis­té­riels.

Rien de surpre­nant par consé­quent que les résul­tats soient médio­cres avec des truel­les tenues par des person­nes ne sachant même pas à quoi servent ces outils indis­pen­sa­bles à la construc­tion.