Qui n’aime pas le vin récolte ce qu’il sème …

NormeDerrière ce titre je l’avoue quelque peu tara­bis­co­té se cache un senti­ment pour­tant des plus limpides qui peut se résu­mer à : « il ne faudra pas venir pleu­rer ensuite ». Cette remarque concerne un des fleu­rons des produits fran­çais qu’est le vin et que certains n’hésitent pas à brader au nom du profit immé­diat, mais aussi sur la base que la majo­ri­té des Chinois n’y connaissent rien ou pas grand-chose en vin.

Comme je le dis souvent, la Chine c’est plus de 9 millions de kilo­mètres carrés et pas seule­ment les quelques villes où tout viti­cul­teur ou négo­ciant tient abso­lu­ment à dépo­ser quelques bouteilles. Si cette réali­té pour­tant évidente d’un pays à l’échelle d’un conti­nent semble encore échap­per à de nombreux profes­sion­nels hexa­go­naux, d’autres en ont plei­ne­ment conscience et préfèrent aller tenter leur chance un peu plus profon­dé­ment dans les terres. Le nombre de maga­sins propo­sant du vin y augmente de mois en mois avec hélas des produits parfois de quali­té douteuse.

C’est en tout cas ce que j’ai consta­té en visi­tant un maga­sin nouvel­le­ment instal­lé vantant l’origine fran­çaise de ses produits. Si le mot magique « Bordeaux » est présent sur certaines bouteilles, on y trouve égale­ment quelques Saint-Chinian. D’autres vins plus ordi­naires côtoient les quelques grands noms présents, les prix étant dans la norme de ce qui se pratique en Chine.

NormeAprès avoir discu­té avec la gérante du maga­sin, certes très mignonne, il en ressort qu’elle ne connaît de ce qu’elle vend que ce qu’elle a rete­nu de sa forma­tion qui semble avoir été assez rapide. Pour résu­mer, elle vend du vin parce que c’est la mode, mais pour­rait tout aussi bien se trans­for­mer en vendeuse de brouettes si le vent chan­geait de sens. Pour un néophyte dans ce domaine ce n’est donc pas le lieu idéal pour mieux connaître un produit bien plus complexe qu’il n’y paraît à première vue. Si vous entrez en effet quelques mètres plus loin dans un des nombreux maga­sins de thé, il suffit de poser quelques ques­tions pour en apprendre plus sur ce produit tradi­tion­nel. Dans le cas du vin, l’impression est que l’on vient ache­ter avant tout à ce qui contri­bue de plus en plus à un stan­ding impo­sé. Peu importe que ce vin soit ou non buvable, ce n’est pas Chinois puisque fran­çais, et c’est donc obli­ga­toi­re­ment bon. Si après l’achat la décep­tion est au rendez-vous, c’est bien enten­du à mettre sur le compte de sa propre mécon­nais­sance, un tel produit ache­té si cher ne pouvant être mauvais.

Il est dès lors aisé de vendre n’importe quoi, du moins tant que les amateurs locaux n’ont pas goûté à ce qui a fait le renom de la France dans le domaine du vin, ce qui ne signi­fie pas forcé­ment des prix élevés en rapport de la quali­té. Cette époque n’est pas encore venue, ce qui permet de vendre parfois n’importe quoi à ceux que l’on consi­dère comme étant n’importe qui. Si aujourd’hui les nouveaux consom­ma­teurs de vins sont parfois déçus par ce qu’ils pensaient être une réfé­rence, ils le doivent en partie à leur mécon­nais­sance dans ce domaine et à l’exploitation de celle-ci par quelques aven­tu­riers. Si les choses viennent à chan­ger dans un avenir plus ou moins loin­tain, il sera bien diffi­cile à ceux propo­sant des produits de quali­té de s’implanter dans des lieux que d’autres ont dura­ble­ment salis.

Le travail du vin étant avant tout du ressort de l’agriculture, il ne faudrait jamais perdre de vue que l’on récolte ce que l’on sème, ce qui dans ce domaine semble être souvent oublié.