Qu’est-ce qui fait courir les expa­triés en Chine ?

paysLes clichés sur les expa­triés sont presque aussi tenaces que ceux sur la Chine, ce qui n’est pas peu dire. Souvent « soup­çon­nés » de venir s’enrichir sur le dos de la popu­la­tion locale tels les négriers de l’ancien temps, les expa­triés en Chine sont des privi­lé­giés, du moins pour ceux qui n’en savent rien, mais qui sont souvent para­doxa­le­ment ceux qui en parlent le plus.

Si cette période d’opulence très rela­tive a certes exis­té, cela fait déjà quelques années que le nombre de contrats 100 % expa­triés sont à la baisse au béné­fice de ceux loca­li­sés bien moins avan­ta­geux finan­ciè­re­ment. D’après une enquête menée par l’agence Suisse Hewit, si de nombreuses entre­prises occi­den­tales pensent déve­lop­per leur présence en Chine, elles recru­te­ront majo­ri­tai­re­ment sous la forme de contrats loca­li­sés. Deux cas de figure se présentent, la première consiste à rempla­cer un contrat expa­trié par un contrat loca­li­sé, la seconde de recru­ter des employés d’origine locale.

Ce sont ainsi plus de la moitié des expa­triés qui sont employés sous ces condi­tions, ce phéno­mène connais­sant une forte augmen­ta­tion depuis trois ans. Sont parti­cu­liè­re­ment concer­nés, les emplois situés dans le bas et dans la partie médiane de la struc­ture des entre­prises, celles-ci hési­tant encore souvent à confier des postes de haute respon­sa­bi­li­té à des Chinois. Si les contrats expa­triés se font de plus en plus rares, les augmen­ta­tions de salaire sont par contre plus fortes pour les étran­gers sur place avec une moyenne de 5,6 % contre 3,3 pour les expa­triés.

Lors de l’enquête menée par Hewit, 37 % des respon­sables d’entreprises implan­tées en Chine qui étaient inter­ro­gés ont décla­ré vouloir augmen­ter leur effec­tif d’expatriés, alors que 14 % au contraire pensent le réduire pour des raisons de coûts. Les Occi­den­taux voient égale­ment leur part augmen­ter en Chine où ils sont passés de 21 à plus de 25 % en deux ans, il semble au détri­ment des Singa­pou­riens et des Honkon­gais. L’explication la plus souvent avan­cée de cette évolu­tion est que le niveau de pratique du Chinois est en nette augmen­ta­tion, ce qui vient appuyer une forma­tion souvent supé­rieure dans le domaine profes­sion­nel.

Même si les salaires qu’empochent les étran­gers sont loin d’être le pactole que certains s’imaginent, il n’en reste pas moins que la Chine attire toujours autant, et ce, pour diverses raisons. La première est sans doute le marasme écono­mique persis­tant, ce qui pousse bon nombre d’Occidentaux à se dépla­cer là où le travail se trouve.

Vient ensuite le désir d’aller voir de près ce pays dont on parle tant, un emploi moyen­ne­ment rému­né­ré permet­tant de passer quelques années dans des condi­tions de vie pas toujours si désa­gréables que certains le relatent. En prou­vant de plus sa dispo­ni­bi­li­té à être mobile, l’expatrié ajoute une corde non négli­geable à son arc, celle-ci pouvant se révé­ler utile lors de son retour en mettant en avant son adap­ta­bi­li­té à un envi­ron­ne­ment et une culture diffé­rente.

Sûre­ment faut-il ajou­ter égale­ment ceux qui entre­tiennent certaines affi­ni­tés avec ce pays. Dans ce cas, un emploi dans leur domaine d’activité vient leur garan­tir un reve­nu décent leur permet­tant de vivre souvent dans de meilleures condi­tions que dans leur pays d’origine tout en pouvant envi­sa­ger de créer par la suite sa propre struc­ture commer­ciale.

La Chine reste donc, et sans doute pour encore quelques années, un pays qui attire autant qu’il est criti­qué, ce qui donne une idée de l’attirance qu’il exerce. Si les étran­gers qui y font fortune en tant que sala­riés sont aussi rares que les DVD’s origi­naux, cela n’empêche nulle­ment de regar­der dans de bonnes condi­tions ce film de la vie en Chine. S’il faut donc se méfier des contre­fa­çons, qu’importe le salaire pour­vu qu’on ait l’ivresse.