Quand les Chinois jouent au paysan.

invention chinoise sexe virtuelComme je l’ai déjà indi­qué dans d’autres articles, les chinois adorent les jeux de toutes sortes et QQ, l’équivalent Chinois de MSN, four­nit un certain nombre de services inter­ac­tifs en supplé­ment de la messa­ge­rie instan­ta­née de base.

Les publi­ci­taires ont donc trou­vé là un lieu idéal pour affi­cher leurs annon­ceurs, et il est impor­tant que les inter­nautes passent le plus de temps possible devant leurs écrans. Un jeu a donc été créé dans ce sens, et a pour but de culti­ver un terrain afin d’en vendre les produits.

Vous ache­tez donc les diverses graines que vous allez ensuite semer, entre­te­nir et en vendre les récoltes ou cueillettes une fois ceux-ci arri­vés à matu­ri­té. Les prix d’achats, mais égale­ment de vente sont variables en fonc­tion du produit, enri­chis­sant la personne qui va le mieux surveiller son lopin de terre.

Il est en effet impor­tant de fréquem­ment jeter un œil sur sa proprié­té et cela, tant pour en détruire les mauvaises herbes à l’aide des produits adéquats, que pour surveiller l’état de matu­ri­té des fruits et légumes, car en cas de retard les produits pour­rissent et deviennent inven­dables.

invention chinoise sexe virtuelVotre présence est égale­ment indis­pen­sable pour préve­nir les vols, et c’est pour cette raison que vous aurez la possi­bi­li­té d’acheter un chien de garde qui veille­ra sur vos précieux biens pendant votre absence ou votre sommeil. Le prix de l’animal varie en fonc­tion de sa quali­té de surveillance et, il s’avère que le moins cher d’entre eux a la fâcheuse tendance à aller se prome­ner, délais­sant ainsi sa tache de gardien­nage ; il est égale­ment néces­saire de le nour­rir régu­liè­re­ment, car sinon il va cher­cher sa nour­ri­ture ailleurs, oubliant là aussi sa fonction.Une fois que vous aurez accu­mu­lé suffi­sam­ment d’argent, vous pour­rez soit ache­ter du terrain supplé­men­taire ou une maison, mais égale­ment une luxueuse niche afin que votre gardien ait toutes les raisons de rester chez vous.

Ce jeu étant basé sur le réseau social de QQ, vos amis peuvent bien évidem­ment venir voir l’état de vos plan­ta­tions, et éven­tuel­le­ment se servir en produits, pour peu que vous les ayez auto­ri­sés ; ils peuvent égale­ment venir en votre absence et si le chien est parti se bala­der à cet instant, vous ne trou­ve­rez plus rien à votre retour. Les réseaux d’amis étant inter­con­nec­tés, il est courant de voir dispa­raitre tout ou partie de ses fruits ou légumes, l’ami d’un ami étant venu s’approvisionner.

Derrière le but de ce jeu, la partie moins visible, mais primor­diale, est d’afficher les bannières publi­ci­taires des annon­ceurs qui s’impliquent égale­ment dans le jeu en vous donnant des avan­tages, allant d’un sac de riz à une maison, sous condi­tion d’aller visi­ter le site corres­pon­dant aux produits de l’annonceur. Si ces cadeaux restent virtuels, la socié­té émet­trice du jeu elle s’y retrouve large­ment en appli­quant un tarif bien supé­rieur à ce genre d’annonces.

invention chinoise sexe virtuelEn raison de la quan­ti­té d’internautes chinois et de leur appé­tit pour le jeu en géné­ral, ce système prend de plus en plus d’ampleur, et cela tant chez les jeunes que chez les plus anciens. S’il y a quelque temps les annon­ceurs visaient en prio­ri­té une clien­tèle d’adolescents, commencent à poin­ter leur nez les socié­tés d’électroménagers et autres produits de consom­ma­tion desti­nés aux adultes.

La socié­té qui gère le jeu a derniè­re­ment annon­cé la sortie d’une version amélio­rée qui permet­tra aux ex-agriculteurs virtuels de se lancer tant dans l’industrie que dans l’immobilier, sans oublier les marchés bour­siers avec l’ouverture d’une place virtuelle basée sur les cours de Shan­ghai.

Si aujourd’hui de nombreux Chinois s’amusent à jouer les paysans, cette nouvelle version pour­rait être le prélude à un système bien plus lucra­tif, mais égale­ment risqué, pour des personnes ayant envie de trans­for­mer le virtuel en quelque chose de plus palpable.

Peut-être d’ailleurs est-ce la fina­li­té de ce jeu…

Article précédentSi tu ne m’aimes pas, je me suicide !
Article suivantLes faux-culs de Copen­hague.
Vit non pas dans une mégapole pleine d'expatriés, mais dans un village plein de Chinois. Pour le reste faut-il être diplômé pour comprendre le monde, chacun sa réponse en fonction de ses propres diplômes. La reproduction totale ou partielle des articles de ce site n'est en aucun cas permise sans autorisation.