PSA, le lion chevron­né rugit

PeugeotSi certaines expé­riences chinoises se sont révé­lées diffi­ciles pour des socié­tés fran­çaises comme Danone, d’autres conti­nuent leur chemin prou­vant ainsi que rien n’est abso­lu dans ce pays. Parmi ces entre­prises à la réus­site certaine en Chine le groupe PSA qui connaît une forte évolu­tion tant de ses ventes que de son image de marque. Cette socié­té s’est de plus si bien inté­grée dans le paysage indus­triel Chinois que dans quelques années de nombreux ache­teurs pense­ront acqué­rir un véhi­cule 100 % Chinois, ce qui ne sera sans doute pas complè­te­ment faux.

Si cette socié­té a fait la une des jour­naux hexa­go­naux en annon­çant plus ou moins offi­ciel­le­ment que la rempla­çante de la C6 serait construite en Chine, c’est oublier que PSA a 25 ans de présence dans l’empire du Milieu. C’est en effet en 1985 que la première socié­té mixte a vue le jour à Guangz­hou avant de s’associer à SAW, deve­nu depuis Dong­feng Motors. Doté d’un centre de recherche et déve­lop­pe­ment basé à Shan­ghai, le groupe emploie plus de 16 000 personnes, et la créa­tion d’une troi­sième usine devrait sensi­ble­ment augmen­ter le poten­tiel de produc­tion du groupe.

En 2010, le groupe PSA a signé un accord de coopé­ra­tion avec le construc­teur Chang’An basé à Shenz­hen. Cette nouvelle enti­té devrait produire des véhi­cules utili­taires légers, mais égale­ment la nouvelle DS récem­ment lancée parle groupe fran­çais. Grâce à diffé­rents parte­na­riats signés avec de grandes univer­si­tés chinoises telle celle de Tong­ji, PSA béné­fi­cie de l’apport d’ingénieurs chinois aujourd’hui haute­ment quali­fiés, ce qui permet tant de mieux cerner les demandes spéci­fiques du marché Chinois que de s’intégrer dans le tissu indus­triel local. Les quelque 350 ingé­nieurs travaillant aujourd’hui pour le secteur Asie devraient passer progres­si­ve­ment à un millier de personnes afin de répondre aux besoins dans les domaines de la recherche, du déve­lop­pe­ment et du desi­gn.

2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 1er semestre
Vente de véhi­cules parti­cu­liers 2 546 000 3 209 000 4 238 111 5 274 000 5 326 456 8 236 000 4 592 400
Nombre de véhi­cules vendus par PSA 89 100 140 400 201 318 207 500 189 162 272 000 176 000
Part de marché 3,5 4,4 4,7 3,9 3,6 3,5 3,8

Ces chiffres sont d’autant plus rassu­rants pour PSA que l’ex-numéro 1 Volks­wa­gen est passé dans le rouge avec une perte cumu­lée de 119 millions d’euros contre un béné­fice de plus de 220 millions l’année précé­dente. Avec une crois­sance de 49 % lors du premier semestre 2010, PSA devrait être en mesure de tenir sa place dans un marché dont les ventes ont connu un brusque coup de frein pour cause de restric­tions gouver­ne­men­tales.

Le groupe fran­çais est conscient des enjeux envi­ron­ne­men­taux auxquels la Chine va être confron­tée dans les toutes prochaines années et travaille sur des véhi­cules nette­ment moins polluants. Cette adap­ta­tion indis­pen­sable place donc PSA aux avant-postes, ce qui devrait lui permettre d’affronter un marché de plus en plus concur­ren­tiel où les construc­teurs 100% Chinois sont loin de rester les bras croi­sés.

Ce qui est par contre certain, c’est que la péné­tra­tion du marché chinois, et quelque en soit le domaine, reste une affaire de temps, de bon choix dans les parte­na­riats et d’intégration dans le paysage commer­cial.