Pros­ti­tu­tion : quand un jour­na­lis­te chinois peut faire son travail

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dongguan4Malgré son immen­si­té, un régi­me poli­ti­que quali­fié d’autoritaire*, un peuple aux multi­ples cultu­res, la Chine est capa­ble de chan­ger à la vites­se de l’éclair. Cette facul­té d’adaptation se consta­te dans les domai­nes écono­mi­ques où en quel­ques années la Chine est passée d’atelier du monde à élément majeur de la crois­san­ce mondia­le grâce à la forte haus­se de sa consom­ma­tion. Il reste certes enco­re beau­coup à faire, mais la Chine progres­se et parfois dans des domai­nes où l’on ne l’attend pas.

En dehors du Vati­can (et enco­re !) la pros­ti­tu­tion exis­te dans tous les pays. Elle est sans doute plus visi­ble dans les plus pauvres où le corps est la seule proprié­té de nombreu­ses femmes. Il y a enco­re peu, la Chine faisait partie des nations pauvres ce qui a induit une pros­ti­tu­tion en rapport de la taille du pays et de sa pauvre­té. Bien que les condi­tions de vie se soient sensi­ble­ment amélio­rées, la femme chinoi­se demeu­re pour certains une forme humai­ne de jouet avec laquel­le on s’amuse, que l’on peut vendre et donc ache­ter. Pour de nombreu­ses jeunes filles nées dans une des régions de l’intérieur du pays, la pros­ti­tu­tion est souvent plus rému­né­ra­tri­ce qu’un travail dans une usine de la côte.

Dans la région du Guang­dong, les réseaux de pros­ti­tu­tion pren­nent modè­le sur la taille des entre­pri­ses avec les mêmes modes de fonc­tion­ne­ment. Recru­te­ment du person­nel, mana­ge­ment, rela­tion­nel et marke­ting sont le quoti­dien de ces chefs d’entreprise dont les femmes sont la matiè­re premiè­re.

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Pour cette « entre­pri­se » basée à Dong­guan, le turn-over atteint 100 000 person­nes par an. Avant de travailler dans un des nombreux KTV appar­te­nant à un « grou­pe d’investisseurs », les jeunes filles venues de tout le pays suivent une forma­tion. Appren­dre à s’habiller, marcher, danser, être « gentille » avec les clients, tout cela est appris dans de véri­ta­ble écoles et ensei­gné par des profes­seurs spécia­li­sés dans un domai­ne parti­cu­lier. L’offre est telle que les équi­pes char­gées du recru­te­ment n’ont que l’embarras du choix et procè­dent à des concours pour trier les meilleu­res candi­da­tes.

Si le chif­fre de 100 000 peut paraî­tre énor­me, il faut savoir qu’en plus de drai­ner des clients venant de Guangz­hou et Shenz­hen, Dong­guan comp­te plus de 8 millions d’habitants. Le renou­vel­le­ment des « têtes de bétail » étant un élément de marke­ting impor­tant pour fidé­li­ser la clien­tè­le, la plupart de ces jeunes femmes n’y travaillent que quel­ques mois ou semai­nes.

dongguan3Rien d’extraordinaire a prio­ri, ce systè­me étant celui appli­qué par l’ensemble des réseaux de pros­ti­tu­tion. Moins courant, surtout en Chine, est que ce réseau de Dong­guan a été minu­tieu­se­ment décor­ti­qué par un jour­na­lis­te. Durant plusieurs semai­nes, il a assis­té aux « audi­tions » des nouvel­les arri­van­tes, à leur forma­tion et bien sûr à leur mise au travail sur les « chaî­nes de produc­tion ». Se faisant passer pour un rabat­teur, il a filmé clan­des­ti­ne­ment tous les aspects de cette acti­vi­té à l’aide de son télé­pho­ne porta­ble. Enquê­te autre­ment plus périlleu­se que de présen­ter le jour­nal télé­vi­sé de 20 h, ce milieu n’étant pas répu­té pour son amabi­li­té vis-à-vis des gens trop curieux.

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