Pour­quoi ne pas suppri­mer le premier tour des prési­den­tielles

Pourquoi ne pas supprimer le premier tour des présidentiellesEn période de diffi­cul­tés finan­cières, un foyer ou une entre­prise procède à de dras­tiques réduc­tions de dépenses visant à écono­mi­ser un maxi­mum. La France n’étant pas dans une période faste, cette très vieille appli­ca­tion d’un aussi vieux prin­cipe de base pour­rait fort bien s’appliquer au système élec­to­ral. Réduire par exemple les élec­tions prési­den­tielles à un seul tour serait une notable source d’économies, le budget total tour­nant autour des 200 millions d’euros.

Si cette propo­si­tion semble être quelque peu biscor­nue, elle s’explique par les raisons évoquées plus haut et par le fait que ce qui est aujourd’hui le premier tour ne sert plus à rien. Si par le passé cette tribune était l’un des rares lieux où pouvaient s’exprimer les petits partis poli­tiques, la situa­tion est aujourd’hui tota­le­ment diffé­rente. Il ne se passe pas en effet une semaine sans qu’un des diri­geants de ces partis, aussi minimes soient-ils, ne soit pas inter­viewé, ce auquel il faut ajou­ter la quan­ti­té d’émissions mettant en scène ces acteurs de la poli­tique deve­nus de plus ou moins bons comé­diens.

Certains me rétor­que­ront qu’il s’agit du jeu inhé­rent à la démo­cra­tie, ce que je veux bien admettre. Toute­fois la plupart de ces boni­men­teurs de foire ne souhai­tant abso­lu­ment pas arri­ver en tête pour parti­ci­per au match final, leur présence se révèle dès lors tota­le­ment inutile. En étant en effet un mini­mum honnête, il faut se rendre à l’évidence que dans un pays comme la France seuls l’UMP et le PS concourt pour une victoire, les autres n’étant que des faire-valoir mis en scène pour l’occasion.

Les alliances surve­nant entre les actuels deux tours pouvant fort bien être conclues bien avant, ce premier tour de chauffe ne sert qu’à entre­te­nir un système aux frais d’une prin­cesse ayant de plus en plus de diffi­cul­tés à repri­ser des habits usés. Ce premier tour est deve­nu d’autant plus inutile que depuis la dernière réforme, les élec­tions légis­la­tives suivent de près les prési­den­tielles, ce qui laisse aux élec­teurs la possi­bi­li­té de choi­sir un candi­dat très rela­ti­ve­ment plus proche de ses aspi­ra­tions lorsque celles-ci existent.

Les partis eux-mêmes procé­dant d’une manière ou d’une autre à des primaires comme elles existent aux USA, deux tours semblent bien préten­tieux pour un pays ayant du mal à boucler ses fins de mois. Quelles sont les chances que cette propo­si­tion trouve un écho quel­conque ? Stric­te­ment aucune tant ce système est ancré dans les mœurs au même titre qu’une supé­rio­ri­té héri­tée d’une époque depuis long­temps dans l’histoire. Vous aurez donc droit le 22 avril à la première partie de ce spec­tacle réchauf­fé, les deux vedettes issues de cette Star Acadé­mie poli­tique devant être dépar­ta­gées le 6 mai.