Pour être désin­for­mé, lisez la pres­se !

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Avec la géné­ra­li­sa­tion des médias sur Inter­net, l’actualité a pris un poids nette­ment supé­rieur à ce qu’il était du temps de la seule pres­se papier. Délais néces­sai­res à l’impression, place limi­tée, distri­bu­tion inter­ve­nant au mieux quel­ques heures après les faits étaient autre­fois des éléments impo­sant au lecteur une infor­ma­tion plus ou moins déca­lée dans le temps. Si la radio et la télé­vi­sion diffu­sent depuis long­temps des actua­li­tés en conti­nu, enco­re faut-il que l’auditeur ou le télé­spec­ta­teur soit présent à l’instant précis de leurs diffu­sions.

En se situant à mi-chemin entre la pres­se papier et la télé­vi­sion, les médias en ligne sont aujourd’hui capa­bles de propo­ser des infor­ma­tions sous forme de conte­nu actua­li­sé inté­grant tant des rédac­tions que des vidéos. Ce terme de « conte­nu actua­li­sé » est celui qui convient le mieux à des médias pour qui l’actualité au sens propre du mot devient secon­dai­re. Bien plus que d’informer sur un événe­ment précis et récent, ces supports déli­vrent toutes sortes de conte­nus dont le but premier est la renta­bi­li­té.

La réduc­tion du nombre de vrais jour­na­lis­tes au profit de stagiai­res se limi­tant au chan­ge­ment de quel­ques mots d’une unique dépê­che de l’AFP est pour beau­coup dans ce secteur avant tout marchand. Cette sour­ce étant deve­nue aussi univer­sel­le que la pensée impo­sée par les empe­reurs de la pres­se, ce qui est géné­ré par ces médias ne peut être que forma­té malgré des noms diffé­rents ayant pour objec­tif d’attirer un maxi­mum de clients.

Le seul filtre exis­tant est égale­ment conçu afin d’attirer des lecteurs à qui l’on ne vend pas de l’actualité, mais ce qu’ils sont venus cher­cher, c’est-à-dire une forme d’assurance sur ce qu’ils jugent être la véri­té. En décou­le une forme parti­cu­liè­re de dicta­tu­re s’habillant d’un costu­me aux plis impec­ca­bles asso­cié à la marque d’un coutu­rier répu­té. Le systè­me repo­se sur une propa­gan­de admi­nis­trée à doses homéo­pa­thi­ques, ce qui pour effet de marquer les esprits en profon­deur.

Tibet_cultural_revolution_6Pour illus­trer ce mode de fonc­tion­ne­ment, un exem­ple pris dans le premier jour­nal fran­çais en ligne : Le Figa­ro. Comme beau­coup d’autres, ce média suit une ligne édito­ria­le clai­re­ment anti-chinoise, ce sous le couvert très hypo­cri­te de la défen­se des droits de l’homme dans ce pays. Pour­quoi hypo­cri­te ? Parce qu’il suffi­rait que quel­ques entre­pri­ses chinoi­ses achè­tent des empla­ce­ments publi­ci­tai­res pour que le conte­nu devien­ne nette­ment moins acide. Pour ceux ne visi­tant pas ce « lieu d’information », il faut savoir que ce média est deve­nu un jour­nal d’annonces publi­ci­tai­res où le conte­nu est progres­si­ve­ment relé­gué à l’arrière-plan.

Toujours est-il que sur une pério­de d’un an, les arti­cles un tant soit peu posi­tifs sur la Chine se comp­tent sur les doigts d’une main et ne concer­nent que les seuls contrats commer­ciaux d’Airbus ou de nucléai­re civil. En dehors de cela, seuls sont souli­gnés les points noirs de ce pays, le corres­pon­dant plus forma­té que perma­nent triant minu­tieu­se­ment ce qu’il voit passer sur son écran. Il y a même des cas où l’idéologie anti-chinoise de ce média trou­ve sa sour­ce dans l’hexagone.

C’est ainsi qu’il y a quel­ques mois, j’aperçois le mot « Chinois » entre 20 pavés publi­ci­tai­res. Connais­sant le penchant du Figa­ro, je me dis « Tiens, un nouvel arti­cle à char­ge sur la Chine ». Jeu sans grand risque puis­que comme expli­qué plus haut, la ligne édito­ria­le est inchan­gée depuis des années. De quoi s’agit-il ? De la décou­ver­te d’un abat­toir clan­des­tin en région pari­sien­ne. Ce qui a moti­vé le média pour que cette infor­ma­tion « terri­fian­te » soit à la Une est bien évidem­ment que cette acti­vi­té clan­des­ti­ne était gérée par des Chinois. Ceri­se sur le gâteau pour le Figa­ro, cet abat­toir alimen­tait certains restau­rants tenus par des compa­trio­tes, ce qui fait d’une pier­re deux coups. Comme d’habitude, cet arti­cle est suivi des commen­tai­res de ceux venus cher­cher leur pâtée quoti­dien­ne. Une partie des auteurs méri­te­rait d’être pour­sui­vie devant la justi­ce pour inju­res racia­les, mais il ne s’agit ici que de Chinois. 

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