Peu importe le flacon si on a le pognon

Chinoise

Publié en janvier, cet article se trouve rajeu­ni suite à l’arrestation de plusieurs « habits noirs » en Espagne.

Plusieurs articles dans les jour­naux, des repor­tages à la télé­vi­sion, le tout sur un même sujet : les touristes Chinois. Voilà qui confirme que la réces­sion a pour effet premier de masquer certaines odeurs et de déve­lop­per une évidente hypo­cri­sie. Les vacan­ciers euro­péens étant en effet appe­lés à venir moins nombreux dans le pays des droits de l’homme, accueillir ceux en prove­nance de la plus « grande dicta­ture du monde » semble tout à coup prendre le pas sur des consi­dé­ra­tions plus idéo­lo­giques.

Il est vrai que pas mal des amis du passé sont décé­dés tels Kadha­fi et autres Saddam Hussein et que les dicta­teurs géné­reu­se­ment héber­gés se doivent de faire quelques écono­mies après avoir ruiné leurs pays. Venant prendre la place lais­sée vacante par les Japo­nais, les touristes chinois sont donc cour­ti­sés, les commer­çants faisant avant tout du commerce et les poli­tiques …. de la poli­tique. Sans doute que rares seront les vendeuses de Vuit­ton ou Van Cleef à hurler un « Free Tibet » lorsque quelques-unes de ces Chinoises vien­dront ache­ter le dernier objet à la mode que la plupart des Fran­çais et encore moins de Chinois ne peuvent espé­rer acqué­rir.

Ce sont pour­tant ces touristes renom­més par nos médias « Couche haute de la nouvelle classe moyenne » qui sont pour la plupart des proches de ce système poli­tique si criti­qué par ailleurs. Dans certains cas ce sont même des enfants d’apparatchiks qui permettent aux gérants de ces maga­sins de renou­ve­ler leur Mercé­dès vieille de 6 mois. D’autres de ces touristes sont ces chefs d’entreprises qui exploitent sans vergogne la popu­la­tion migrante venue des régions pauvres. Si le respon­sable du maga­sin est parfai­te­ment au courant de ces pratiques, puisque lues dans Le Figa­ro, il lâche toute­fois ce jour­nal pour aller ouvrir la porte à cette cliente aux yeux bridés, mais au porte­feuille grand ouvert.

Bizar­re­rie d’une époque, en France ce sont les plus modestes qui achètent des produits chinois alors que dans le même temps de riches Chinois viennent en France grâce aux béné­fices réali­sés sur cette classe sociale de moins en moins moyenne. Ce système étant hypo­cri­te­ment basé sur l’argent, il est logique que celui-ci perde son odeur en passant dans des mains loin d’être toujours très propre. Ceux qui en profitent sont comme d’habitude ceux qui en ont le moins besoin, mais savent le gagner par n’importe quel moyen.

Des Chinois qui vien­dront visi­ter la France, il n’y aura pas un seul espion, pas un seul copieur, pas un seul commu­niste, pas un seul exploi­teur de main d’œuvre, mais une sélec­tion de « gens bien comme il faut » parce que riches. Histoire de se donner une bonne, mais tardive conscience, il y aura quelques critiques sur les diffé­rences d’éducation, mais rien qui puisse toute­fois empê­cher de vendre tout ce que notre pays produit de super­flus, mais qui donne à ces « classes sociales moyen­ne­ment hautes » l’impression d’exister.