Pays cher­che coupa­ble pour justi­fier son déclin : l’immigration

« C’est la faute à l’Europe, aux immi­grés, aux Chinois, aux patrons, aux diri­geants poli­ti­ques, aux syndi­cats » sont quelques-uns des termes utili­sés pour reje­ter la faute sur l’autre. Enco­re faut-il en premier lieu défi­nir cette faute pour ensui­te cher­cher d’éventuels coupa­bles.

chomageLe chôma­ge ? En se situant aux alen­tours de 10 %, il atteint son niveau d’il y a 30 ans avec un plus haut en 1994 de 12,50 %. L’immigration ? Un sujet à la mode et donc natu­rel­le­ment exploi­té par ceux dési­rant se faire une place au soleil. En dehors des raison­ne­ments plus proches de la recher­che d’emploi person­nel­le que visant à résou­dre les problè­mes des Fran­çais, il est vrai que le nombre d’immigrés est repar­ti à la haus­se après une stabi­li­sa­tion de 30 ans. Le taux d’immigration en Fran­ce est d’environ 11 % et se situe dans la moyen­ne euro­péen­ne. Il est par contre indé­nia­ble qu’elle plus visi­ble, ce qui n’est pas sans agacer ceux qui préfé­raient voir ces « étran­gers » en jeans ou en costume-cravate. 10 % de chômeur et 11 % d’immigrés, on renvoie chez eux les derniers et le taux de chôma­ge se retrou­ve à zéro.

immigrationCette solu­tion enfan­ti­ne est un des argu­ments phares du FN qui oublie toute­fois de préci­ser les moda­li­tés de ces expul­sions et les consé­quen­ces avec les pays d’origine des immi­grés. Le problè­me est que nombreux sont ceux qui igno­rent les conven­tions bila­té­ra­les passées entre les pays d’origine des immi­grés et l’État fran­çais. En contre­par­tie de ces quotas annuels, la Fran­ce achè­te moins chers certains produits prove­nant des sous-sols de ces pays et y main­tient sa présen­ce tant sur le plan mili­tai­re qu’industriel. « Ils ont plus besoin de nous que nous d’eux ».Partiel­le­ment vraie il y a 50 ans, cette théo­rie est tota­le­ment dépas­sée du fait de la deman­de des pays émer­gents. Lybie, Mali, Centra­fri­que sont les derniers exem­ples en date avec pour faça­de des raisons huma­ni­tai­res, mais qui en réali­té ne sont qu’un para­vent dissi­mu­lant des moti­va­tions bien plus maté­riel­les. Ces divers aspects ont pour effet de rendre aussi complexe un départ massif des immi­grés que le filtra­ge des entrées.

immigration2S’il est vrai que les Suis­ses ont récem­ment adop­té une loi visant à limi­ter le nombre d’immigrés, ce qui n’en fait pas pour autant un pays racis­te à bannir des rela­tions, les besoins exté­rieurs de ce pays sont bien moin­dres que celui de la Fran­ce. Un des problè­mes de la Fran­ce est lié à son envi­ron­ne­ment poli­ti­que et des scru­tins élec­to­raux trop fréquents. Pour simpli­fier, la gauche orga­ni­se de nombreu­ses jour­nées portes ouver­tes à desti­na­tion des immi­grés poten­tiels alors que la droi­te est plutôt spécia­li­sée dans les vols char­ters. Cette alter­nan­ce dans la gestion migra­toi­re a pour effet de rendre la situa­tion floue, ce qui profi­te fina­le­ment à chacu­ne des supé­ret­tes poli­ti­ques.

Dans ce domai­ne comme dans bien d’autres, une poli­ti­que effi­ca­ce ne peut être appli­ca­ble qu’en étant soute­nue par un pays lui-même fort. Cette force doit prove­nir de l’intérieur en concer­nant l’ensemble de la popu­la­tion, toutes clas­ses socia­les confon­dues. Même si la Chine n’est pas une réfé­ren­ce dans certains domai­nes, ce pays appli­que un systè­me des plus stricts en ce qui concer­ne les visas. Comment fait-elle ? Tout simple­ment en limi­tant les entrées et en appli­quant de maniè­re assez rigi­de les lois sur les séjours des étran­gers. Cela signifie-t-il l’absence d’immigrés clan­des­tins ? Non et parmi eux une part non négli­gea­ble d’Occidentaux. Le prin­ci­pe qui leur est appli­qué est le même que pour certains secteurs de l’économie paral­lè­le en se résu­mant à « Pas de bruit, pas de problè­me. Premier faux pas : la porte ». Les inté­res­sés le savent et dans leur immen­se majo­ri­té se tien­nent à carreau. Il est par contre vrai que la Chine n’a pas la glorieu­se répu­ta­tion, en gran­de partie usur­pée, d’être le berceau des Droits de l’homme et une terre d’accueil histo­ri­que. Elle est la Chine, tout simple­ment …