Le oui, mais non d’Obama au Japon

Lors de sa première élec­tion, Obama avait indi­qué vouloir renfor­cer l’axe Asie-Pacifique. Un mandat et demi plus tard, le résul­tat est plutôt médiocre en dehors des quelques agita­tions des pions philip­pins et japo­nais. Les problèmes finan­ciers limi­tant la présence mili­taire dans le Paci­fique sont une des raisons, une autre étant la diffi­cul­té à maîtri­ser le gouver­ne­ment japo­nais qui ces derniers temps a multi­plié les « glis­sades » vis-à-vis de la Corée du Sud, le troi­sième pion des USA dans la région.

Visite du premier ministre japo­nais aux USA repor­tée pour sanc­tion­ner des propos dépla­cés, posi­tion des plus floues sur le litige portant sur les îles Senkaku/Diaoyu, l’administration Obama semble navi­guer à vue en étant visi­ble­ment gênée aux entour­nures. En visite offi­cielle au Japon, Obama vient de tenter de redres­ser la barre en décla­rant que la protec­tion des îles dispu­tées entrait dans le cadre du trai­té signé entre les deux pays.

Ques­tion réso­lue donc ? Pas tout à fait, car dans le même temps le président améri­cain a préci­sé que ce soutien n’était en aucun cas systé­ma­tique. Répon­dant à un jour­na­liste l’interrogeant sur une possible inter­ven­tion mili­taire dans le cas où la Chine se montre­rait trop entre­pre­nante, Obama a tout d’abord expli­qué ne pas avoir de réponse à l’instant précis. Il a ensuite ajou­té qu’une inter­ven­tion améri­caine serait évaluée en fonc­tion de la menace réelle pesant sur son allié et sur sa facul­té à se défendre seul. Pour résu­mer, si cinquante sous-marins stationnent dura­ble­ment dans les envi­rons des îles et si des milliers de mili­taires chinois débarquent sur ses côtes, les USA pour­raient alors envi­sa­ger la proba­bi­li­té d’une inter­ven­tion.

Ce soutien aussi condi­tion­nel que limi­té corres­pond à la ligne de conduite de l’administration Obama qui tient à ména­ger la chèvre et le chou. Le gouver­ne­ment japo­nais fait le jeu d’Obama en lançant régu­liè­re­ment des piques, quitte à se faire sermon­ner par le patron lorsque celles-ci deviennent trop doulou­reuses pour la Chine. La raison de ce double langage est simple en se résu­mant au fait qu’Obama veut la paix dans la région faute d’avoir les moyens d’y faire la guerre. Cette paix serait large­ment faci­li­tée si les USA n’intervenaient pas en souf­flant sur les braises, mais n’auraient dès lors aucun poids sur la situa­tion, ce qui est incon­ce­vable de la part du « gendarme du monde ».