Des oranges bien plus juteuses que la canne à sucre (2)

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Jusqu’en 2010, un paysan ne peut pas céder son bail de loca­tion. Cette mission est encore une fois assu­rée par le gouver­ne­ment local. Depuis plusieurs années, la colère gronde dans les campagnes et ne fait que s’accentuer à l’occasion des ventes de terres agri­coles réaf­fec­tées en tant que terrain à bâtir. Une bonne partie des indem­ni­tés sont détour­nées par certains respon­sables locaux, ce qui donne lieu à des affron­te­ments parfois sanglants avec les forces de police.

Une réfor­mette pour apai­ser les esprits

Deux ans avant de quit­ter son poste de Premier ministre, Wen Jiabao réforme la loi sur les baux ruraux en permet­tant aux paysans de céder l’exploitation des terres à n’importe quel autre paysan du voisi­nage, celles-ci restant toute­fois la proprié­té de la nation.

Les chan­ge­ments de consom­ma­tion font que la Chine importe de plus en plus de fruits et légumes alors que leurs cultures pour­raient se réali­ser loca­le­ment. La raison majeure est la main­mise des gouver­ne­ments locaux sur les cultures, et en parti­cu­lier ici sur l’ensemble de la filière du sucre.

Lors de son arri­vée au pouvoir, le nouveau gouver­ne­ment se lance dans une réforme en profon­deur de l’agriculture. La réduc­tion du nombre d’agriculteurs s’accompagne d’une plus grande liber­té enfin donnée aux paysans en matière d’exploitation des terres. La gestion des sucre­ries est égale­ment réfor­mée avec une surveillance accrue de la gestion.

La culture de la canne à sucre étant deve­nue moins lucra­tive et plus risquée en raison de la lutte contre la corrup­tion, les respon­sables locales concer­nées se désin­té­ressent logi­que­ment de l’industrie sucrière, et donc des plan­ta­tions de canne à sucre. Les agri­cul­teurs plantent ce qu’ils veulent, sous réserve toute­fois qu’un volume mini­mal assure l’approvisionnement néces­saire. Les ache­teurs de sucre raffi­né étant moins ponc­tion­nés, une partie des écono­mies réali­sées est versée aux paysans.

La créa­tion de socié­tés agricoles

Dans le même temps, la régle­men­ta­tion portant sur les expro­pria­tions devient plus contrai­gnante pour les respon­sables locaux, ce qui s’accompagne là aussi de reve­nus en hausse pour les agri­cul­teurs. La tension baisse dans le milieu agri­cole et vaut à Xi Jinping un fort soutien de la classe paysanne.

Inter­dite depuis des décen­nies, la créa­tion de socié­tés agri­coles est désor­mais auto­ri­sée et même conseillée. Le souci majeur pour des paysans sortant tout juste de décen­nies d’exploitation n’ayant rien d’agricole est qu’il ne dispose pas des moyens finan­ciers pour recon­ver­tir les terres dans la produc­tion de fruits et légumes dont la demande explose dans les villes.

La solu­tion va naître dans la région voisine du Guang­dong et de la part de certains employeurs d’enfants de paysans venus cher­cher du travail dans cette immense zone industrielle.

La suite et la fin très prochainement…