Obama ou Romney, le troi­sième show rassure la Chine

Avait lieu hier le troi­sième show télé­vi­sé ayant pour vedettes les deux candi­dats à l’élection prési­den­tielle. Ici comme dans la plupart des démo­cra­ties des pays riches, c’est l’argent qui décide du nom des candi­dats et non la valeur de la personne. Pas grand-chose de très diffé­rent donc avec le système chinois si ce n’est qu’il met en présence deux partis au lieu d’un, la poli­tique globale promise par l’un ou l’autre étant sensi­ble­ment iden­tique. Même s’il est diffi­cile dans ce cas précis de parler de « bonnet blanc et de blanc bonnet », c’est sur les à-côtés que se joue le succès et explique la mise en scène des épouses de chacun des candi­dats.

Cette troi­sième repré­sen­ta­tion théâ­trale ayant pour fond la poli­tique étran­gère, de nombreux spécia­listes et respon­sables chinois se sont inté­res­sés à ce volet en se doutant que le nom de leur pays serait au centre du débat. Si Obama a campé sur ses posi­tions tendant à un dialogue entre parte­naires, Romney a joué son rôle en enton­nant l’Internationale des poli­tiques avec son refrain : « Si je suis élu, je ferai ». Sans nier que la Chine était deve­nue un parte­naire incon­tour­nable, l’outsider a promis en premier lieu de faire entrer ce pays dans la norma­li­té en ce qui concerne sa poli­tique moné­taire. Bien que le Congrès, pour­tant de son bord, ait recon­nu que la Chine ne mani­pu­lait pas sa devise, Romney a visi­ble­ment comp­té sur le fait que ses élec­teurs étaient amné­siques ou anal­pha­bètes.

Ce que reproche égale­ment à Obama le candi­dat conser­va­teur est d’avoir lais­sé partir vers la Chine des milliers d’emplois, le président sortant arguant du fait que ces emplois auraient été de toute manière perdus et que la tech­no­lo­gie est restée elle du côté améri­cain. Sans doute plus réaliste que son adver­saire parce que plus expé­ri­men­té, Obama sort « vain­queur » de ce troi­sième round, si du moins on en croit les insti­tuts de sondages.

Les diri­geants chinois ayant la plus grande peur du chan­ge­ment, ce même lorsque celui-ci inter­vient à plusieurs milliers de kilo­mètres de leur pays, c’est rassu­rés qu’ils peuvent entre­voir l’avenir. Rele­vant la stabi­li­té inté­rieure de la Chine, Romney s’est bien gardé de dési­gner ce pays comme un enne­mi en privi­lé­giant les mots adver­saire et parte­naire avec qui il fallait s’entendre. Bien que demeu­rant la première puis­sance guer­rière de la planète avec une indus­trie de l’armement servant de pilier à l’économie de son pays, Romney n’a visi­ble­ment pas l’intention d’initier un affron­te­ment mili­taire contre la Chine, du moins pas direc­te­ment. De là à penser que des « petits conflits » n’éclateront pas de manière très contex­tuelle, il y a un pas à ne surtout pas fran­chir. Ce qui ressort de cette suite de confron­ta­tions télé­vi­sées est qu’aux USA comme ailleurs, il n’y a qu’une poli­tique qui est celle de l’argent en tant que nerf de la guerre, mais aussi de la paix du fait que de nombreux lobbies finan­ciers ont besoin de calme rela­tif pour propé­rer.