Nouvelle mode en Chine : taper sur les chauf­feurs de bus

Depuis quelques mois il ne se passe pas une semaine sans qu’un conduc­teur de bus soit agres­sé. Certaines de ces agres­sions ont eu de graves consé­quences comme cet auto­car qui a plon­gé dans un ravin de la province du Hubei après qu’un des passa­gers ait violem­ment tour­né le volant suite à une alter­ca­tion avec le conduc­teur. La raison ? Le chauf­feur avait refu­sé de s’arrêter à proxi­mi­té du domi­cile du passa­ger, l’arrêt normal étant à deux kilo­mètres. En règle géné­rale, les consé­quences se limitent toute­fois à quelques contu­sions pour le chauf­feur et une quin­zaine de jours de déten­tion admi­nis­tra­tive pour l’agresseur.

Les trans­ports en commun des agglo­mé­ra­tions sont les plus concer­nés avec par exemple cette sexa­gé­naire du Shaan­xi qui a assom­mé la conduc­trice à coups de para­pluie après qu’il lui ait été deman­dé de se dépê­cher à descendre. Dans le Hunan, c’est un fumeur visi­ble­ment accro qui a violem­ment frap­pé le chauf­feur après s’être vu inti­mé l’ordre d’éteindre sa ciga­rette. Tous les bus possé­dant des camé­ras, il est ensuite diffi­cile pour l’agresseur de nier les faits.

Plus inso­lite est l’histoire surve­nue il y a quelques jours dans un bus de Nanning. Les véhi­cules de trans­port en commun devant coha­bi­ter avec les voitures et la masse de motos ther­miques et élec­triques, les conduc­teurs doivent être extrê­me­ment vigi­lants, ce en parti­cu­lier avec les deux roues élec­triques dont les proprié­taires sont pour le moins indis­ci­pli­nés. Cet après-midi-là, l’autobus se retrouve derrière un groupe de motos. Coup de klaxon pour signa­ler sa présence et les deux roues se rangent un peu plus sur la droite. Tous sauf un qui semble ne pas avoir enten­du l’avertissement, ce qui impose un nouveau coup de klaxon. Le deux-roues finit par se ranger et le but parcourt les quelques centaines de mètres restants avant le prochain arrêt.

Dès les portes ouvertes, monte un homme d’une tren­taine d’années qui assène plusieurs coups de poings au conduc­teur pour le moins surpris. Des poli­ciers se trou­vant à proxi­mi­té, le jeune homme est maîtri­sé et explique sa colère. Il circu­lait à moto avec son enfant endor­mi à l’arrière sur un siège spécial. Le deuxième coup de klaxon a réveillé le gamin en sursaut et il s’est mis à pleu­rer. Inad­mis­sible pour le père qui a tenu à le faire savoir au conduc­teur du bus.

La mère de l’enfant a été appe­lée pour récu­pé­rer son fils, son mari étant indis­po­nible pour une semaine, le temps de purger sa peine de prison admi­nis­tra­tive à laquelle s’ajoute une amende 500 yuans. À la décharge du père il faut préci­ser que si un panon­ceau précise qu’il ne faut pas parler au chauf­feur, rien n’indique qu’il est inter­dit de lui taper dessus. En Chine tout ce qui n’est pas expres­sé­ment inter­dit étant consi­dé­ré comme permis, sans doute que les mois à venir seront mis à profit pour combler ce vide de plus en plus exploi­té.