Nouvel An : le choix corné­lien de la visite aux familles

Ira

Les fêtes du Nouvel An et les congés qui vont avec ne sont pas sans poser de problèmes aux couples travaillant loin de leur lieu de travail. Se rendre dans sa famille est en effet une tradi­tion, la diffi­cul­té étant de choi­sir entre celle du mari ou celle de l’épouse. Chacune des deux parties dési­rant accueillir l’enfant né de cette union, les conflits sont nombreux et ont pour effet de créer une ambiance explo­sive dans bien des couples.

Si parta­ger les deux semaines de congés entre les deux familles est aisé lorsque les distances entre celles-ci sont raison­nables, il en est tout autre­ment lorsque des milliers de kilo­mètres séparent les lieux de nais­sance des deux époux, obli­geant ainsi à faire un choix qui n’est pas sans créer de tensions. S’il existe deux solu­tions qui sont pour la première de ne rendre visite à aucune des deux familles et de rester sage­ment à la maison, la deuxième étant d’aller voir une des familles une année sur deux, bon nombre de grands-parents ne l’entendent pas de cette oreille.

Ceux du côté du mari ayant une prio­ri­té tradi­tion­nelle, l’épouse doit souvent se plier aux dési­rs de la famille par alliance tout en devant arron­dir les angles auprès de ses propres parents. Les discus­sions précé­dant la déci­sion finale sont parfois houleuses, arri­vant dans certains cas à briser le mariage lorsque l’épouse ne veut pas lâcher sur ce point visi­ble­ment crucial. Si de la part des grands-parents il est compré­hen­sible de dési­rer voir une fois par an l’enfant de son fils ou de sa fille, certains mettent une pres­sion telle qu’ils créent une ambiance des plus tendue jusqu’au moment où l’un des deux cède tout en négo­ciant cette cession en échange d’autres avan­tages.

Beau­coup de jeunes couples, tout en menant une vie appa­rem­ment plus moderne, se trouvent confron­tés à ce dilemme de la visite liée au Nouvel An, la tradi­tion repre­nant le dessus sur des origines que l’on a tenté de dissi­mu­ler au cours de l’année précé­dente. Les Chinois ont beau tenter de vivre de plus en plus à la manière occi­den­tale, lors des grandes occa­sions ils se doivent de respec­ter ce qui leur a été ensei­gné durant leur jeunesse en termes de respect des parents. Si une majo­ri­té se plie avec plai­sir à cette obli­ga­tion, l’épouse est bien souvent la sacri­fiée, ce que tant qu’elle ou ses parents savaient lors de la nais­sance de cet enfant. Il n’empêche toute­fois à ceux-ci de lutter pour inver­ser ce choix fait par la nature qui fait que l’homme a une incon­tes­table supé­rio­ri­té sur son épouse.

Si les choses changent un jour, ce sera sans doute grâce à des progrès tant tech­no­lo­giques que sociaux, les menta­li­tés n’évoluant elles que lente­ment, en Chine comme ailleurs. De meilleurs reve­nus, des modes de trans­port plus rapides et moins chers peuvent en effet gommer les distances et ainsi rappro­cher deux familles géogra­phi­que­ment très éloi­gnées. Les aéro­ports situés dans des villes de moyenne impor­tance desser­vies par des vols venant des quatre coins du pays peuvent ainsi solu­tion­né ce qui en Chine est un problème ances­tral. Si la poli­tique de l’enfant unique n’a fait que renfor­cer un état de fait lié à une certaine éduca­tion, ces progrès à venir pour­raient rapi­de­ment chan­ger ce qui est sans solu­tion et mène encore aujourd’hui à bien des affron­te­ments entre époux et familles de chacun d’entre eux.